16 mai 2012

Une éruption pour célébrer le nouveau président de la France...

Dans la rubrique "politique" de ce blog volcanique, nous nous demandions, il y a peu, si les volcans n'étaient pas plutôt de gauche que de droite. Il nous sera donc permis aujourd'hui de regretter publiquement que ce soient la pluie, la grêle et la foudre qui aient célébré l'investiture de François Hollande, le nouveau président de la France, plutôt que l'éruption d'un volcan ! Cela aurait mouché une certaine presse britannique et ses titres à l'humour délavé...

Mais que font donc les Auvergnats ?... Nous voulons bien sûr parler des puys, des dômes, des maars et des cônes, emboîtés ou pas, qui roupillent depuis quelque 6 000 ans au coeur de notre bel Hexagone !

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Quelques-uns des puys en Auvergne,
© SD Chéreau

Sans oublier, leurs homologues allemands de l'Eifel (et aussi ici) en sommeil depuis 11 000 ans à peine, qui auraient pu y mettre un peu du leur dans le cadre de l'amitié franco-germanique ?

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Bellerberg, volcan de l'Eifel-est,
© SD Chéreau

Quels titres pour les journaux ce matin ! Plutôt que "Coup de foudre entre Paris et Berlin", on aurait pu lire "Pour célébrer la victoire d'un Corrézien d'adoption, les volcans d'Auvergne font péter le magma !".

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À la manière du Fuego (Guatemala),
© SD Chéreau

Alors une petite éruption à la Eyjafjallajökull avec projection de cendre dans le ciel européen, ça n'aurait pas manqué de panache !

Cela dit, nous savons bien que tout le monde ne partage pas la même passion que nous et que certains auraient pu voir là sujet à désordre et donc à mécontentement... Il vaut donc sans doute mieux que rien de tout cela ne soit arrivé et que nous ayons dû nous contenter des trombes d'eau en faisant nôtre ce proverbe venu de Guadeloupe, "Toute la pluie n'enlève pas la force d'un piment" ou bien cette belle pensée de Dolly Parton, "Si tu veux l'arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie" !

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© SD Chéreau

11 mai 2012

Etna, un volcan libre !

Nous avons fait le pari que l'Etna pourrait bien produire un nouveau paroxysme, qui aurait été le 8ème depuis le début de l'année 2012, autour du 5 mai : nous sommes donc partis en Sicile pour une semaine du 30 avril au 7 mai en espérant bien assister à une belle colère du Géant.

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L'Etna le 30 avril 2012 à 15h19,
© SD Chéreau

Nous n'étions pas les seuls à spéculer ainsi sur l'activité volcanique du Mongibello : parmi les joueurs volcanophiles obsessionnels qui avaient fait le voyage, il y avait aussi Patrick, le fameux Titano-jurassien, Olivier, Nathalie, Marc, Brigitte et d'autres encore... Nous ne nous sommes pas forcément croisés mais nous étions tous là à attendre l'événement volcanique, chacun trompant son impatience à sa manière.

Au niveau de la Torre del Filosofo à 2920 mètres d'altitude, la neige, toujours là, soulignait les formes des cratères Sud-Est, l'ancien (à gauche sur la photo ci-dessous) et le nouveau (à droite) qui a bien grandi depuis 2008.

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L'Etna le 4 mai 2012,
© SD Chéreau

Force est de reconnaître que, malgé notre enthousiasme indéfectible et notre patience exceptionnelle, l'Etna nous a fait faux bond et que nous avons tous perdu notre pari !

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Tracé sismique Etna.jpg
© I.N.V.G.

Comme le montrent le tracé sismique et l'enregistrement du tremor volcanique au cours de cette période et jusqu'à aujourd'hui même, l'encévolcanogramme (selon un bon mot de notre ami Pippo) est resté totalement plat ou presque, si l'on excepte le petit pic qui correspond probablement au débourrage de la Bocca Nuova le 8 mai à 10h50 dont Patrick, encore là-haut, a été le témoin.

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© Photos de Patrick Marcel

Pour autant, Daniel et moi ne ressentons aucune amertume : les volcans sont libres de leur activité et n'obéissent heureusement pas aux prévisions statistiques. Visiblement, le paroxysme du 24 avril a été très intense et a peut-être si bien vidangé la tuyauterie du volcan (pardon pour cette image triviale) qu'il va lui falloir plus de temps pour repartir...

Les traces laissées par l'éruption précédente étaient toujours bien visibles : les lapillis couvraient encore certaines routes que l'on s'occupait à nettoyer.

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Sur la route entre Fornazzo et le refuge Citelli,
© SD Chéreau (30 avril 2012)

Les toits et les terrasses des maisons comme à Sant'Alfio étaient toujours maculés des scories, parfois de belle taille. Nous avons même pu constater qu'à Riposto, le bord de la mer n'avait pas été, lui non plus, épargné par les retombées volcaniques.

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A Riposto, au bord de la mer,
© SD Chéreau (5 mai 2012)

Sans jamais nous éloigner du volcan, nous en avons tout de même profité pour nous intéresser à d'autres aspects de la région dont nous reparlerons sans doute dans de prochaines notes : la culture de la vigne sur le sol fertile de l'Etna, les traditions et croyances populaires liées à la menace qui plane constamment sur les habitants de la région, etc...

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© SD Chéreau (mai 2012)

Nous ne sommes rentrés que depuis peu mais nous pensons déjà à notre prochaine escapade volcanique : Sicile ou... Islande car il semble bien que pendant notre virée etnéenne, le Katla se soit un peu agité. Selon le site d'Activolcans, "les relevés du Meteorological Office of Iceland indiquent qu'un petit jökullhaulp s'est produit au Katla, dans la rivière Múlakvísl, fin avril. Il se pourrait donc qu'une petite activité éruptive se soit produite sur cet édifice".

25 avril 2012

Les volcans ont-ils un VRAI travail, eux ?...

Qu'est-ce qu'un VRAI travail ?... Badaboum !... La question tombe comme ça, un peu comme une scorie sur un champ de coton et voilà que nous nous sentons tout penauds ! Sommes-nous de VRAIS travailleurs ou seulement de petits rigolos qui passent leur temps à bayer aux volcans (comme d'autres le font aux corneilles) et à mesurer le monde à l'aune de leurs ombres immenses ?

Nous ne répondrons pas à cette question car nous sommes beaucoup trop modestes pour cela mais nous allons détourner le problème - c'est beaucoup plus tendance par les temps qui courent - en choisissant de répondre à une autre question aussi cruciale : les volcans ont-ils un VRAI travail ?

Les Nounettes pensent que les volcans, leur VRAIE fonction principale, c'est de faire joli : ils ont plein de couleurs, ils font des bruits rigolos qui ressemblent à de grosses flatulences, ils produisent des feux d'artifice du plus bel effet et ils sont sympas à dessiner. Très bien mais... faire joli est-ce suffisant pour constituer un VRAI travail ?

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Couleurs de volcan,
© Manon, 3 ans (septembre 2010)

Les volcanologues disent que le VRAI job des volcans, c'est de jouer le rôle de soupapes de sécurité de la planète. S'ils se mettaient tous à faire grève en même temps pendant des années voire des siècles, que se passerait-il ? La Terre exploserait d'un trop plein d'énergie concentrée ? Allez savoir ! Si c'est le cas, on peut alors déclarer, sans grand risque de se tromper que oui, les volcans sont des VRAIS bosseurs parce que indispensables au bon fonctionnement de notre grande maison commune.

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Gouache napolitaine (détail)

Les écologues affirment que le VRAI boulot de ces montagnes de feu est avant tout d'être un des maillons de notre écosystème naturel et insistent sur le fait qu'ils ont beaucoup trimé, il y a plus de 4 milliards d'années, au tout début de la Terre, en participant à la formation d'une atmosphère primitive par où tout a commencé...

Les volcans, eux-mêmes, rappellent que, leur indéniable pouvoir de destruction mis à part, ils ont de bons côtés dans l'exercice de leur fonction : ils fertilisent les sols en répandant des engrais naturels, ils offrent leurs "pierres" (pouzzolanes, ponces, pierre de Volvic,...) pour la construction des routes et des bâtiments, ils produisent de la chaleur utilisée du thermalisme à la géothermie, etc...

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Rizières sur les pentes d'un volcan en Indonésie,
© SD Chéreau (août 2001)

Tout cela suffira-t-il à convaincre les plus incrédules que, décidément, OUI, les volcans ont un VRAI turbin et qu'ils ont le droit comme tout un chacun de s'exprimer... ce que, d'ailleurs, ils ne manquent pas de faire quand ça leur chante !

Tout cela nous amène à mentionner la vision qu'une publicité pour... un aspirateur - qui passe en ce moment à la télévision - donne des volcans qui sont réduits à de simples GÉNÉRATEURS DE BRUIT, les privant ainsi, par voie de conséquence, du label de VRAIS travailleurs.

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Pour voir la pub TV Rowenta - "Les Bruits" : cliquer sur l'image,
© Rowenta

Fort heureusement, une phrase s'affiche sur un écran blanc :

"La puissance peut aussi s'exprimer en silence"


En utilisant l'adverbe "aussi", le publicitaire échappe à notre total courroux et réussit du coup un "film à message" plutôt réussi et efficace. Comme quoi la sérénité tient parfois à un tout petit mot... par exemple au gommage d'un adjectif "inapproprié" comme dans "VRAIS TRAVAILLEURS".

24 avril 2012

Etna : 7ème paroxysme intense...

Le trémor volcanique frémissait depuis deux ou trois jours, signe annonciateur d'un probable nouvel événement éruptif. Et hier, il s'est mis à grimper vite fait bien fait en même temps qu'une activité plus soutenue se mettait en place sur le volcan à partir de 17h30 environ. Pippo, qui est actuellement sur place, nous a appelés hier après-midi pour nous avertir : "C'est sûrement pour cette nuit. Plutôt en fin de nuit".

Du coup, nous avons monté la garde. Et, effectivement, après une phase d'effusion qui a duré plusieurs heures, accompagnée d'une faible activité strombolienne, le 7ème paroxysme de l'Etna depuis début 2012 et le 25ème depuis l'amorce de la séquence éruptive actuelle commencée en janvier 2011, a débuté en deuxième partie de nuit avec son apogée entre 4h et 4h30 et l'apparition d'une impressionnante fontaine de lave. Une importante coulée de lave s'est répandue, comme à l'habitude, dans la Vallée del Bove.

Au vu du signal sismique enregistré par l'I.N.G.V. (voir ci-dessous) et des premières images mises en ligne sur Internet - comme celle-ci sur Youtube qui permet d'entendre, sous une pluie bruyante de lapillis, le grondement du volcan alors qu'on est tout de même à Giarre à environ 16 km du volcan - ce paroxysme bref a été intense.

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Tracé sismique de la station ECPN (1) le 23 avril entre 10h et 14h,
© I.N.G.V.

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Tracé sismique de la station ECPN (1) dans la nuit du 23 au 24 avril entre 22h et 2h du matin,

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Tracé sismique de la station ECPN (1) au plus fort du paroxysme le 24 avril vers 4h du matin,
© I.N.G.V.

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Tracé sismique de la station ECPN (1) le 24 avril entre 6h et 10h du matin,
© I.N.G.V.

Ce paroxysme survient 12 jours à peine après le précédent qui a eu lieu le 12 avril et a suivi à peu près le même scénario : augmentation du trémor, activité strombolienne, fontaines de lave et coulées.

Nous n'avons donc pas été déçus même si, cette fois, la qualité des images des webcams était plutôt médiocre. Notre imagination enthousiaste est venue à notre secours : elle a gommé le grain, rétabli la balance des blancs et rehaussé les couleurs !

Et puis, notre ami Pippo nous a envoyé des photos qu'il a prises lui-même depuis Sant'Alfio et qui relèvent assurément l'ensemble ! Un grand merci, Pippo. Voici donc quelques images pour rappeler le déroulement de cette nouvelle éruption etnéenne.(Toutes les indications horaires sont données en heure locale qui correspond à la même heure qu'en France).

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Lundi 22 mars à 19h21,
© L.A.V.E.

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© Radio-Studio 7

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L'éruption de l'Etna vue depuis Sant'Alfio le 23 avril à 19h57,
© Pippo Scarpinati

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Le trémor volcanique à 20h03,
© I.N.G.V.

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Autre point de vue, toujours à 20h06,
© Etnatrekking


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© Etnatrekking


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© Radio-Studio 7

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© Radio-Studio 7

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La coulée de lave vue depuis Sant'Alfio à 4h ce matin,
© Pippo Scarpinati

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© L.A.V.E.

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Pic du trémor volcanique vers 4h20,
© I.N.G.V.


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4h29,
© L.A.V.E.

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4h30,
© Etnatrekking

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Coulées de lave vues depuis Sant'Alfio ce matin à 5h46,
© Pippo Scarpinati

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7h49 : l'Etna à nouveau paisible...
© Etnatrekking


Pippo vient de nous appeler. La cendre s'est déposée sur la région de Linguaglossa tandis que des scories grosses comme des noix sont tombées sur le village de Sant'Alfio où il se trouve actuellement, l'obligeant même, au plus fort de l'averse, alors qu'il prenait des photos depuis sa terrasse, à se coiffer d'un casque pour se protéger. Il semble donc que les courants d'altitude aient procédé à une sorte de tri entre les différents types de matériaux éjectés par le volcan et ne les aient pas tous emmenés aux mêmes endroits...

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Une rue de Sant'Alfio ce matin à 6h,
© Pippo Scarpinati

Ce matin, les habitants de Sant'Alfio font le ménage en utilisant balais ou, plus original, les souffleurs qui ont plutôt pour habituelle mission de chasser les feuilles qui jonchent le sol en automne...

Si l'Etna continue sur sa lancée, le prochain paroxysme pourrait avoir lieu vers le 3 ou 4 mai. A suivre donc...

(1) La station sismique ECPN de l'I.N.G.V. est nouvelle : elle se situe au cratère del Piano au sud-ouest des cratères sommitaux de l'Etna, près de la Bocca Nuova, à 3 000 mètres d'altitude donc plus proche qu'auparavant de la zone actuellement active.

18 avril 2012

Olympus Mons : volcan sur Mars

Les extraterrestres ne sont pas tous verts, avec de petites antennes sur le sommet du crâne et ne se dandinent pas nécessairement en faisant résonner un sympathique "Bip bip" à tous les vents lunaires... Quitte à écorner un mythe, allons-y carrément ! Certains E.T. sont des géants rouges et... volcaniques !

Sur ce blog, qui consacre d'ailleurs une rubrique spéciale aux volcans extraterrestres, nous avons déjà parlé de celui qui fait figure de "plus gros volcan du système solaire" avec ses 27 km de hauteur - par rapport au niveau de référence martien (pression = 610 Pa) - et ses 600 km de diamètre à sa base : Olympus Mons, the big boss !

Le magazine de l'astronomie, "Ciel et Espace" le met à l'honneur dans son numéro d'avril en lui consacrant sa couverture et son "Théma" en pages centrales. La lecture, très stimulante, de ce dossier nous a aussitôt permis d'imaginer ce qu'une agence de voyages pourrait proposer d'ici quelque temps à ceux de ses clients que l'exploit intéresse davantage que le paysage lui-même.

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© Ciel et Espace - revue n°503 - avril 2012

Difficile de se représenter ce que l'on voit quand on est au pied d'un tel édifice... Sans doute pas grand chose et, en tout cas, pas le sommet ! Et l'ensemble doit être plutôt monotone... mais là, n'est pas la question quand on est un adepte de l'extrême.

La base d'Olympus Mons est apparemment formée de falaises abruptes qui sont un premier obstacle pour le marcheur qui doit trouver le bon passage : sans doute peut-on s'engager dans une de ses ravines gigantesques qui ont été sculptées par l'eau, le vent ou des glissements de terrain et qui permettent de se hisser au prix d'un intense effort sur le bord du vaste plateau ?...

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Série de plis à la base du volcan à l'origine encore inconnue,
© ESA/DLR/FU Berlin

Une fois ces falaises escaladées, il faut lutter contre la température frisquette (-60°C en moyenne au sol) et les vents violents. Les pentes de ce volcan étant très douces (6° en moyenne), il faudra encore longtemps avant d'arriver, fourbu et quasi pétrifié dans une gangue de poussière et de sueur mêlée, à la caldeira qui réserve, récompense suprême, un spectacle peut-être fabuleux aux randonneur endurant... à condition que la météo martienne soit clémente et que les nuages qui se forment à certaines périodes à haute altitude ne gâchent pas son plaisir.

La meilleure vue - et pour bien moins d'efforts - est finalement celle que l'on doit avoir du ciel martien. Nous imaginons ce qu'un YAB ou un Hulot de Mars produirait comme images sensationnelles depuis un hélico, évidemment compensé carbone... Pour preuve, les belles images que nous avons déjà grâce à la sonde Mars Global Surveyor (1998) ou aux orbiteurs Mars Express (2004) et Mars Reconnaissance (2010).

En 2004, le survol du sommet par Mars Express permet de découvrir ce que contient la caldeira : six cratères emboîtés et d'impressionnantes failles d'effondrement semi-circulaires.

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© ESA/DLR/FU Berlin

S'il reste encore des forces à notre touriste, qu'il se rassure ! Olympus Mons est situé au nord-ouest de Tharsis, un vaste plateau volcanique. A 1 000 km de là, trois autres volcans-boucliers, émergés le long d'une diagonale, l'attendent. Même s'ils sont de moindre altitude (14 à 18 km), il pourra tout de même encore tester ses capacités en escaladant Ascraeus Mons, Pavonis Mons ou bien encore Arsia Mons.

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© Nasa/MSSS

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Et les Martiens dans tout ça ? Pratiquent-ils le tourisme de masse et les croise-t-on en nombre sur les flancs des volcans de leur planète rouge ? Voilà justement la question que nous ne manquerons pas de poser à notre touriste dès qu'il sera de retour sur Terre !...

 

* Cette note a été rédigée grâce aux informations contenues dans la revue "Ciel et Espace" n° 503 d'avril 2012.

17 avril 2012

Etna : retour sur le 6ème paroxysme de l'année

Ce nouveau paroxysme de l'Etna, le 6ème depuis le début de l'année, est survenu 11 jours après le précédent qui a eu lieu le 1er avril. L'activité s'est produite en plein jour et par temps clair, ce qui a permis de la suivre aisément en direct. Nous avons pu faire alors de nombreuses captures des différentes webcams qui filment le Géant en permanence. Nous les publions en décalé ce qui permet de se remettre en mémoire la chronologie de l'activité éruptive du 12 avril et le superbe spectacle auquel on a pu assister même à des milliers de kilomètres de l'événement.

Le trémor augmente dans la matinée du 12 laissant envisager un prochain paroxysme. Une activité strombolienne quasi continue se met en place, très nettement visible sur les images des webcams.
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Le nouveau cône sud-est à 13h19 le 12 avril 2012,
© Etnatrekking

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13h32 : activité strombolienne en cours,
© L.A.V.E.

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13h36 : activité strombolienne en cours,
© Radio-Studio 7

Un peu plus tard, une coulée de lave fait son apparition. Le trémor augmente encore...

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Station Etna Belvédère : pic du trémor le 12 avril 2012,
© INGV


La phase paroxysmale débute avec le surgissement d'une puissante fontaine de lave. La coulée, quant à elle, s'étale, à présent, au pied du cône.

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Deux captures montrant la fontaine de lave
à 16h47 puis à 16h59,
© Etnatrekking

La coulée de lave, maintenant bien alimentée, progresse très rapidement - environ 5m/s - dans la Vallée del Bove, surplombée d'une traînée de vapeur blanche. La rencontre de la lave et de la neige produit une impressionnante activité phréatique avec un panache imposant emporté par les vents vers le nord-est. (Source : Activolcans)
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Capture réalisée par Pippo,
© Etnatrekking

Par ailleurs, Pippo Scarpinati nous a fait parvenir plusieurs photos du paroxysme de l'Etna du 12 avril envoyées par deux de ses amis qui habitent sur les pentes du volcan. La première a été prise à 16h30 (heure locale) depuis la ville d'Acireale où les vitres ont même vibré tant les grondements du volcan étaient puissants. Elle montre bien le nuage provoqué par une des spectaculaires explosions phréatiques qu'a engendrées la coulée de lave sur la pente enneigée de la Vallée del Bove ainsi que la suivante, faite à la même heure mais, cette fois, de la place de l'église à Sant'Alfio.

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Le nuage en forme de champignon vu depuis Acireale,
© avec l'aimable autorisation de Maria Virginia Gulli

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Le même nuage vu depuis Fornazzo,
© avec l'aimable autorisation de Carmelo Cavallaro, guide de l'Etna

Les retombées ont affecté la région située entre Sant'Alfio et Vena avec la chute de scories grosses comme des noix qui ont même pu causer des dégâts à la carrosserie des voitures qui se trouvaient dans le secteur.

Pour l'anecdote, Pippo précise qu'il est tombé environ 20 kg de lapillis et de scories sur les 14 m2 de la terrasse de sa maison à Sant'Alfio !...
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Les retombées de matériaux volcaniques à Sant'Alfio,
© avec l'aimable autorisation de Carmelo Cavallaro, guide de l'Etna

A la tombée de la nuit, le paroxysme terminé depuis déjà quelques heures, on voit nettement le rougeoiement de la coulée de lave...

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Capture réalisée par Pippo,
© Etnatrekking

Le spectacle s'achève. On attend, bien sûr, le prochain avec impatience !...

Grazie mille à Maria Virginia Gulli, Carmelo Cavallaro, et, une fois encore, à Pippo Scarpinati pour leur amicale participation à ce blog !...

09 avril 2012

Les volcans sont-ils de gauche ?...

Loin de nous l’idée de nous laisser aller à un anthropomorphisme simpliste qui assimilerait les volcans, Géants fabuleux, aux si versatiles Homines politici mais, tout de même, il faut bien se rendre à l’évidence : les volcans respirent, fument, se fâchent, se mettent en colère et, parfois, carrément, voient… rouge au point de mettre leurs cratères au service d’un discours politique ! A moins que ce ne soit les humains qui ne se servent d’eux et de la puissance qu’ils expriment pour donner plus de relief à leurs idées…

Et c’est ce qui se passe, en ce moment, dans notre bel Hexagone en campagne : les volcans semblent avoir choisi leur camp… bon gré, mal gré (ils restent, pour le moment, discrets sur ce point).

Ainsi, l’un des candidats, faisant référence à « une tradition française », a-t-il, très récemment invité ses partisans, à « ouvrir la brèche qu'attend toute l'Europe de son volcan français », ayant encore déclaré ailleurs : "l'Europe est un volcan, la France est le cratère des Révolutions européennes". Or il se trouve que cet homme est de gauche. Un homme de droite ou du centre choisirait-il ce genre de métaphore volcanique ?... Pas sûr.

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Le rapprochement entre volcans et idées révolutionnaires commence par une couleur : le rouge. Le drapeau rouge, agité lors des manifestations et des défilés, qui rappelle symboliquement les luttes ouvrières et la contestation, laisse flotter au-dessus des cortèges et des rassemblements un panache incandescent qui n'est pas sans rappeler les projections de matière en fusion lors d'une éruption.(Ci-contre : détail du tableau de Delacroix cité plus bas)

On évoque aussi l'influence des éruptions volcaniques sur le climat. Le Laki fameux volcan islandais est présenté comme le "volcan révolution" dans la mesure où son éruption majeure de 1783 est considérée par certains historiens comme l'une des causes qui ont conduit aux soulèvements populaires de 1789 en France et à la Révolution française.
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Lakagígar (les cratères du Laki),
© SD Chéreau (juillet 2010)

La projection de cendres et de gaz dans l'atmosphère justifierait, pour une part, l'extrême rigueur de l'hiver 1783-1784 qui fut à l'origine des mauvaises récoltes des années suivantes et donc des famines qui en découlèrent et, finalement, du mécontentement du peuple allant réclamer au souverain du pain avec la suite que l'on connaît (1)...

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Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay,
le 14 juillet 1789.

Une quarantaine d'années plus tard, Auguste Desperret, rapprochant dans une métaphore éruption et révolution, dessine un volcan projetant la liberté dans ses laves. "Le Volcan liberté" est le titre de cette lithographie parue dans l'hebdomadaire satirique français La Caricature du 6 juin 1833 sous le titre « Troisième éruption du volcan de 1789, qui doit avoir lieu avant la fin du monde, qui fera trembler tous les trônes et renversera une foule de monarchies ». La 1ère éruption correspondant à la Révolution de 1789, la 2ème à celle de 1830 et la 3ème étant encore à venir.

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Lithographie d'Auguste Desperret, "Le volcan Liberté"

La Caricature, journal créé à Paris en novembre 1830 dans le climat de contestation politique et sociale engendré par la monarchie de juillet, mena un combat contre le pouvoir de Louis-Philippe Ier qui monta sur le trône, en tant que "roi des Français" (et non "roi de France"...) à l'issue de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les "Trois Glorieuses".

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Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830
© Musée du Louvre, Paris

On peut donc lire la lithographie de Desperret comme une sérieuse mise en garde faite à l'arrogance et à la suffisance des dirigeants. L'énergie accumulée par le peuple en butte à l'injustice peut toujours éclater avec une puissance imprévisible y compris au moment du vote...

Fort heureusement, les volcans sont bien au-dessus des contingences humaines et il ne saurait être question de les enfermer dans une case comme on aime tant le faire par ici... Pour nous, les volcans sont d'abord de formidables sujets de considération qui peuvent être abordés par tous ceux qui les aiment sincèrement, quelle que soit la couleur de leurs opinions...

Et pour finir cette note sur un bon mot de notre ami le Titanien : "C'est pas d'la bombe, ça ?..."

Note :

(1) Tout le monde n'est pas d'accord sur ce point... Pour certains, l'extrême rigueur de l'hiver 1783-1784 ne serait pas dû aux conséquences de l'éruption du Laki, même s'il est indéniable que la poussière et les gaz crachés par le volcan aient causé des milliers de morts en Islande, mais aussi en Europe du Nord, directement ou indirectement.
Pour étayer leurs propos, ces chercheurs américains se fondent sur l'analyse des cernes de croissance de centaines d'arbres en Europe et en Amérique du Nord qui leur ont permis de retrouver les variations du climat sur plusieurs siècles et de constater une grande ressemblance entre l'hiver 1783-1784 et celui de 2009-2010. A chaque fois, l'oscillation nord-atlantique était en phase négative et le phénomène El Niño était en phase positive, une conjonction très rare donnant des hivers rigoureux sur l'Europe et l'Amérique du Nord (Source : Geophysical Research Letters).

06 avril 2012

Timanfaya (Lanzarote) : comme à l'origine du monde...

Quand toute une végétation a été anéantie et qu’elle repart, cela donne, d’une certaine façon, de précieuses indications sur le mystérieux commencement du monde… C’est le cas à Lanzarote, une des îles Canaries

Dans le dernier numéro de l’émission « Silence, ça pousse » sur France 5 (1) animée par Stéphane Marie et Noëlle Bréham, un reportage était justement consacré au Parc national de Timanfaya, situé dans le sud-ouest de l’île volcanique de Lanzarote dans l’archipel des Canaries (Espagne), qui a été créé en 1974 et correspond à cette zone aussi appelée « Montañas del Fuego » (Montagnes de Feu) qui culmine à 510 mètres d’altitude.

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Parc national de Timanfaya,
© SD Chéreau (novembre 2002)

Le climat sur l’île la plus septentrionale et orientale des Canaries, située à environ 150 km des côtes africaines, est chaud et très aride. Les précipitations ne dépassent pas 12 mm par an. De plus, les innombrables éruptions volcaniques qui se sont produites sur cette île, au cours des âges, ont recouvert de lave près des trois quarts de sa superficie, donnant à cette terre un aspect presque lunaire.

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Un paysage très minéral...,
© SD Chéreau (novembre 2002)

Des éruptions ont, bien sûr, pu se produire avant l’arrivée des Espagnols au XIVe siècle mais seulement deux phases éruptives sont connues : une série d’éruptions d’une rare intensité survenues entre 1730 et 1736 et la dernière en 1824.

Entre 1730 et 1736, c’est une « marée de lave, de scories et de cendres » qui jaillit d’une trentaine de cônes, alignés le long d’une fissure ENE-SSW à Timanfaya et « inonde » sur 200 km2 le centre-ouest de l’île. 2 056 jours d’enfer au cours desquels sont émis 3-5 km3 de lave. Dans l’histoire des éruptions basaltiques fissurales, seule celle du Laki (Islande) en 1783 devance celle de Timanfaya en termes de volumes émis (2).

Avant le cataclysme, la zone touchée était une zone agricole fertile : l’endroit était même surnommé « le grenier à blé des Canaries » grâce à la qualité des céréales qui y étaient produites. Mais 400 fermes ont été détruites, une partie du bétail décimé, heureusement sans faire de victimes humaines, semble-t-il. Une partie de la population sinistrée émigra alors vers la Grande Canarie (2).

006.jpgAinsi pour ces conditions si particulières, le parc national de Timanfaya s’est transformé en un gigantesque laboratoire où l’on peut observer tous les processus qui concourent à l’installation de la vie sur la terre, permettant ainsi de mieux comprendre les premiers temps de notre belle planète. (Photo : © SD Chéreau / nov. 2002)

Luz Mejias Barroso (agent de l’environnement) explique que le parc accueille ainsi des scientifiques du monde entier : des volcanologues et aussi des botanistes, même si la végétation peine encore à se développer sur ces terres dévastées.

On pense évidemment à Surtsey (Islande), autre laboratoire « grandeur nature » où l’on observe attentivement le déroulement des événements… avant que les flots n’engloutissent à jamais cette île née du feu de la Terre.

A Timanfaya comme dans d’autres endroits comparables, on remarque que la colonisation de la végétation commence par les lichens (prononciation : [liken]) qui, pour faire très simple, sont une symbiose entre une algue et un champignon. Le champignon va se fixer sur n’importe quel support. L’algue, quant à elle, va se charger d’apporter l’alimentation parce que c’est elle qui opère la photosynthèse et donc alimente l’organisme.

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Paysage désolé de Lanzarote
avec quelques lichens au premier plan,
© SD Chéreau (novembre 2002)

Bien qu’on ne trouve pas de lichen endémique dans le parc de Timanfaya, on a tout de même inventorié plus de 79 types de lichens différents comme le Stereocaulon vesuvianum dont le nom rappelle un volcan italien célèbre (le Vésuve au-dessus de la baie de Naples). Il est blanc, s’adapte à tous les sols, il a peu de besoins hydriques. Ce qui lui confère une grande faculté à coloniser le milieu dès que la lave a refroidi. Il prépare le terrain pour les autres plantes.

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Stereocaulon vesuvianum,
© France 5, "Silence, ça pousse"

 

Un autre lichen, cette fois à la partie végétale bien plus développée, et qui, de ce fait, exige plus d’humidité et un substrat un peu plus fertile, s’installe et se développe après que la 1ère variété a colonisé le terrain.

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Lichen à la partie végétale plus développée,
© France 5, "Silence, ça pousse"

Les lichens sont des bio-indicateurs. Par exemple, on observe comment entre deux portions colonisées par le lichen, une frange de sol apparaît sur laquelle il n’y a absolument rien : aucune sorte de végétation. Cela s’explique par le fait que tout cet espace dénudé est constamment maintenu à une température de 90°C en raison d’anomalies géothermiques.

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La partie rouge correspond à la zone stérile,
© France 5, "Silence, ça pousse"

Dans un milieu de ce type, aussi peu accueillant, les plantes ont beaucoup de difficultés à prendre possession du territoire, d’autant que leur évolution lente est contrariée par une « tricheuse ».

La végétation dans le parc de Timanfaya est essentiellement composée de plantes endémiques de la région dont la croissance est très lente et dont la caractéristique est de faire une pause végétative en été, la saison la plus sèche. Or, voilà que d’autres espèces qui ont été introduites et qui viennent d’autres îles ne jouent pas le jeu. C’est le cas, par exemple, de la vinagrera (rumex lunaria) qui a été introduite sur l’île comme aliment pour le bétail, surtout les chèvres, et qui est en train de poser un vrai problème.

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La vinagrera, lichen "envahisseur",
© France 5, "Silence, ça pousse"

Comme elle est plus robuste, elle a une plus forte croissance que les espèces endémiques face auxquelles elle a un autre avantage : elle ne fait pas de pause végétative et pousse toute l’année. Il est vrai que, dans le processus naturel de la colonisation de l’île, cette plante serait probablement arrivée dans des centaines d’années mais l’intervention de l’homme l’a introduite prématurément. On doit donc intervenir pour neutraliser ses effets de nuisance sur la végétation endémique.

A un certain endroit du parc, il y a quelques cultures, essentiellement, des figuiers et d’autres arbres fruitiers. Après les éruptions des XVIIIe et XIXe siècles, les paysans ont compris qu’en creusant, ils retrouvaient, sous la lave, les terres fertiles. Ils ont aussi constaté que cette matière volcanique jouait le rôle de capteur d’humidité et de régulateur thermique. On trouve ainsi des figuiers qui ont plus de 200 ans. A en croire les propriétaires, ils produiraient 400 kg de fruits par an sans nécessité le moindre entretien.

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Figuiers sur le sol volcanique,
© France 5, "Silence,ça pousse"

En 1974, dans un souci de protection de cet environnement exceptionnel, les autorités espagnoles ont fait de Timanfaya un parc national. Les visites sont limitées aux seuls autobus - voire aux dromadaires - dont personne ne peut descendre. Tout cela ressemble, il faut bien le dire, à des attrape-touristes… mais c’est un autre sujet.

 

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Paysage volcanique de Lanzarote,
© SD Chéreau (novembre 2002)

En attendant, la nature gagne patiemment du terrain. Plusieurs milliers d’années seront sans doute nécessaires à ces terres avant qu’elles ne puissent retrouver leur fertilité d’antan… à moins que, d’ici là, de nouvelles colères telluriques viennent à nouveau tout détruire.

Sources :

(1) "Silence, ça pousse", sur France 5, reportage sur le Parc de Timanfaya dans l'émission du mercredi 4 avril 2012. Rediffusions : samedi à 10h30 et dimanche à 7h25. Cette émission peut également être revue sur Pluzz-France 5.

(2) Raphaël Paris, fiche volcan « Lanzarote : Timanfaya », publiée dans la revue LAVE n° 91 (juillet 2001) et

"Les volcans des îles Canaries", mémoire de la revue LAVE n° 4 (octobre 2003) auquel Raphaël Paris a activement contribué.

04 avril 2012

Grain de riz sur un volcan potager...

Quand nous disons que le monde, nous, on le voit sous l'angle des volcans, nous disons la vérité... ce qui est plutôt rafraîchissant par les temps qui courent !

Un exemple ? Justement, en voilà un. Un film publicitaire passe en ce moment à la télévision et propose une vision originale de la géologie.

Un grain de riz s'échappe d'un bol aux allures de colisée romain contenant un risotto fumant.


Pub volcan riz.jpg

Un peu plus loin, arrive le plan insolite qui a retenu notre attention. Le grain de riz survole bientôt un édifice qui a tout l'air d'un volcan à panache primeur au dynamisme visiblement tendance végétarienne.

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© Uncle Ben's

Nous qui sommes plutôt des mangeurs de légumes, ça nous a ouvert des perspectives volcanico-légumières des plus goûteuses ! C'est dit, ce soir, nous mettons sur notre table carottes, courgettes et champignons aux saveurs explosives !

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Éruption potagère dans le Nord...
© SD Chéreau (avril 2012)

Et en dessert, nous nous délecterons, bien évidemment, du fameux Maulwurfstorte, le "gâteau de taupe" allemand qui ressemble tant à nos célèbres dômes auvergnats.

Bon appétit !...

D'autres notes sont consacrées, sur ce blog, au goût des volcans : on peut les retrouver en cliquant ici.

03 avril 2012

Etna : à propos du paroxysme du 1er avril

Nous venons d'ajouter à la note qui parle de ce nouveau paroxysme de l'Etna - le 5ème depuis le début de l'année 2012 - deux captures d'images de webcams que nous a envoyées Pippo Scarpinati. Elles complètent la série que nous avions déjà publiée dimanche.

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Pour mémoire, voici les dates des précédents paroxysmes :

- C'est le 5 janvier 2012 que l'Etna reprenait son boulot de volcan très actif avec son 1er paroxysme de l'année.

- Le 2ème a eu lieu les 8 et 9 février.

- Le 3ème s'est déroulé le 4 mars.

- Le 4ème s'est produit le 18 mars.

- Et le 5ème, le 1er avril...

Pour le moment, l'Etna s'active à une belle cadence que rien, bien sûr, ne permet d'ériger en règle absolue. Il ne reste plus qu'à surveiller attentivement sa respiration qui s'accélère avant ses entrées en scène.

On peut, par exemple, vérifier l'état du trémor volcanique sur le site de l'INGV ce qui permet de se mettre en alerte lorsque le tracé s'envole...

Trémor Etna.jpg
Pic du trémor correspondant à l'activité éruptive,
© INGV

Il est vrai que, depuis plus d'un an, l'augmentation du trémor sur l'Etna, qu'accompagne une activité strombolienne, a toujours précédé la mise en place d'une phase paroxysmale avec fontaines et coulées de lave. (Source : Activolcans)

A suivre donc...