Migration de ce blog vers d’autres rivages plus accueillants !…

Nous avons perdu beaucoup avec le changement de plateforme d’accueil : la disparition de nombreux liens, la mise en page en colonne calamiteuse et beaucoup d’autres désagréments qui nous ont poussés, après une année de silence,  à quitter ces lieux inhospitaliers pour reprendre la parole ailleurs !

Si le coeur vous en dit, vous pouvez nous rejoindre sur « Un, deux, trois, volcans » en suivant le lien ci-dessous :

http://un-deux-trois-volcans.over-blog.com/

A bientôt…

Sylvie & Daniel

 

 

 

 

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Voeux 2013

Première note de l’année sur notre blog qui reste fidèle à lui-même,  sur une plateforme qui, elle, a changé. Nous sommes loin d’apprécier la nouvelle formule dans sa version actuelle mais il semble que le site soit encore en construction donc pas de jugement trop hâtif. Attendons encore un peu pour voir si nos volcans et nous devrons migrer vers un autre espace plus conforme à nos attentes…

En tout cas, nous souhaitons à tous nos visiteurs une Très Belle Année 2013, colorée et goûteuse, comme un paysage volcanique de Castille !

Voeux 2013

 

 

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A la recherche des dinosaures normands… sans volcans !

Quelques jours sur la « Côte fleurie » pour trouver non pas des volcans mais des vestiges d’un temps où l’on ne se pressait pas encore sur les planches à Deauville pour apercevoir une célèbrité américaine. La mer recouvrait alors la Normandie, comme une bonne partie de l’Europe : c’était il y a 165 millions d’années.

IMG_1916.jpgPaléospace (1) à Villers-sur-Mer,

© SD Chéreau (novembre 2012)

Dans ces eaux plutôt chaudes vivaient crocodiles et reptiles de belle taille, ammonites et bélemnites, et sur les zones littorales des dinosaures. Des siècles plus tard, un zeste d’imagination conduit au voyage temporel instantané…

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© SD Chéreau (novembre 2012)

Pour cela, il suffit de marcher, à marée descendante,  le nez dans le sable au pied des falaises qui surplombent la plage pour qu’un monde perdu prenne aussitôt forme dans les rêveries de promeneurs curieux.

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© SD Chéreau (Novembre 2012)

Les fossiles abondent : rien d’exceptionnel, sans doute, aux yeux du public spécialisé, mais aux nôtres, davantage familiers des merveilles volcanologiques, de précieuses trouvailles.

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© SD Chéreau (novembre 2012)

Nous n’avons pas découvert des bouts de dinos mais de petites ammonites délicatement dessinées, des bivalves ciselés avec minutie et des gastéropodes aux spirales impeccables.

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© SD Chéreau (novembre 2012)

Tout ça dans les « Marnes de Dives », la couche la plus ancienne qui repose au pied des falaises des Vaches Noires entre Houlgate et Villers-sur-Mer.

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Troupeaux de bovins broutant au bord de la mer,

© SD Chéreau (novembre 2012)

Après que nombre de scientifiques et de collectionneurs se sont abondamment servis dans cet étonnant vivier, le site est protégé depuis 1995 et l’accès aux falaises interdit. Reste la plage pour satisfaire son intérêt pour la paléontologie…

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© SD Chéreau (novembre 2012)

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… et pour faire d’étranges rencontres sur le sable fin : peut-être un (petit) dinosaure perdu sur cette plage du XXIe siècle où déambulent de drôles de bipèdes bariolés ?

 

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                         © SD Chéreau (novembre 2012)

 
(1) Le paléospace se situe sur la commune de Villers-sur-Mer. C’est « un lieu de découverte et d’interprétation du patrimoine naturel et scientifique qui s’appuie sur une muséologie intégrant films et dispositifs multimédia pour une visite pédagogique et ludique ».

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Chasseurs de Volcans dans les librairies !…

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Nous avons parlé de ce beau livre sur les volcans, il y a quelques jours en avant-première, sur ce blog. Nous avions déjà pu tourner ses pages et savourer le travail accompli. 101 volcans photographiés par une cinquantaine de Chasseurs de Volcans (1) qui, au travers des images, rapportent, chacun à sa manière, une histoire, des émotions, des sensations et une formidable passion.


Etape suivante : la sortie en librairie… Nous n’avons pas résisté à la curiosité d’entrer dans l’une d’entre elles, prise au hasard sur le chemin du retour de nos vacances normandes, pour voir si le livre était déjà dans les rayons…

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Petite décharge volcanique plutôt agréable quand nous avons découvert l’étincelante fontaine de lave rouge sang jaillissant du cône du Nyamuragira (2), un des volcans les plus actifs d’Afrique, sereinement posé, entre Algérie et Australie, sur l’étagère de cette librairie de Boulogne-sur-Mer !…


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Première de couverture illustrée par la très belle photo de Paul Reichert,

© SD Chéreau (novembre 2012)

Nous espérons que notre enthousiasme sera partagé par de nombreux amateurs, curieux du spectacle de la Terre turbulente et bien vivante qui s’exprime par ses extraordinaires volcans, géants terribles qui effraient et fascinent et que ce livre ouvrira, à tous ceux qui sont partants pour l’aventure vécue ou rêvée, les portes du rêve.

(1) Références de l’ouvrage :

« Chasseurs de volcans », éditions Omniscience, format 25 x 25, 240 pages, 400 illustrations sur les 101 plus beaux volcans du monde, 29,90 €.

Code ISBN : 978-2-916097-42-8

(2) Le Nyamuragira est un volcans de la chaîne des Virungas en République Démocratique du Congo, voisin du Nyiragongo dont nous avons parlé dans plusieurs notes.

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Pompéi végétale en Mongolie intérieure

L’information date un peu puisqu’elle est sortie au mois de février 2012 mais ce n’est pas une raison pour ne pas en parler à nouveau. Peut-être que certains des visiteurs de ce blog auront, comme nous, laissé filer la nouvelle dans le flot de l’actualité un tantinet débordant.

C’est notre ami Piero qui, en nous adressant le lien avec un article de Pierre Barthélémy paru en février 2012 sur le blog « Passeur de Sciences », a titillé notre intérêt… et notre imagination. Le titre était une invitation au voyage temporelle et géologique : « Une Pompéi végétale de 300 millions d’années exhumée en Chine » !…

Cette découverte a d’abord été publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the UNited States of America.

C’est dans le district de Wuda, en Mongolie intérieure, une des régions autonomes de la République populaire de Chine, qu’une équipe de paléobotanistes chinois et américains a découvert, dans une mine de charbon, sur 1 000 m2 environ, une forêt de type tropical engloutie par les retombées d’une éruption volcanique tout comme les villes autour du Vésuve furent ensevelies sous les éjectas du volcan en 79 ap. J.-C. et rendues quasi intactes aux yeux des archéologues du 18ème siècle.

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Quelques exemples de végétaux fossilisés retrouvés sur le site de Wuda, © PNAS


Procédé de conservation violent mais efficace, les projections de cendres produites par l’éruption volcanique,  tombées sur un bon mètre d’épaisseur, semble-t-il, se sont tassées et pétrifiées, préservant plantes, arbres, feuilles et branches tombés et cassés lors du cataclysme et qui se sont, ensuite, fossilisés tranquillement dans un environnenment approprié pour paraître dans un état de belle fraîcheur et à leur emplacement d’origine quelque 300 millions d’années plus tard !

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Vue d’artiste de la « forêt retrouvée » par Ren Yugao, © PNAS


On peut sans peine imaginer l’excitation qu’ont sûrement ressentie les découvreurs de ce conservatoire naturel d’un monde perdu qui ramène au début du Permien sur une Terre qui ne connaissait pas encore les fameux dinosaures et qui était encore loin d’imaginer l’homme, cette drôle de créature fouillant aujourd’hui ses entrailles et prenant souvent de grands airs !… C’est aussi l’époque où les terres – à quelques exceptions près – sont rassemblées en un seul supercontinent. Wuda se trouvait alors sur une grande île au large de la Pangée.

Au moment de l’éruption, le climat était sans doute chaud et humide et le sol tourbeux souvent recouvert de marécages peu profonds. La végétation se composait, pour l’essentiel, de fougères arborescentes, de conifères primitifs, de sigillaires (arbres fossiles) et aussi d’une espèce plus énigmatique et éteinte, les noeggerathiales.

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Vue d’artiste de la « forêt retrouvée » par Ren Yugao, © PNAS

Si tant est qu’un de nos ancêtres eût déjà existé et qu’il lui ait pris la fantaisie de mettre les pieds dans l’eau et de partir en balade dans cette forêt, aurait-il éprouvé les mêmes émotions que ses lointains descendants du 21ème siècle ? Il nous semble tout de même que le parfum des fleurs et leurs nécessaires couleurs lui auraient bien manqué, même s’il n’avait encore rien su d’elles…

En tout cas, une fois encore, reconnaissons les mérites des volcans qui, au-delà de leur indéniable capacité de destruction, oeuvrent, sans le savoir, à la préservation du patrimoine de l’humanité.

Sources :

- Blog « Passeur de Sciences », article de Pierre Barthélémy,  « Une Pompéi végétale de 300 millions d’années exhumée en Chine« 

- Proceedings of the National Academy of Sciences of the Un ited States of America

- Sciences et Avenir, Un « Pompéi » végétal

- Science Daily, « 300-Million-Year-Old Forest Discovered Preserved in Volcanic Ash« , 20 février 2012

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Japonais volcaniques à Paris ou… Hokusai, peintre du mont Fuji

Jusqu’au 10 décembre 2012, le musée Guimet à Paris (1) présente une quarantaine d’oeuvres de Katsushika Hokusai (1760-1849). Dans la précédente note, nous évoquions Hiroshige, un autre grand peintre japonais, dont on peut voir quelques-unes des oeuvres (peintures, estampes et dessins) à la Pinacothèque.

Parmi les oeuvres exceptionnelles admirées la semaine dernière au musée Guimet, nous avons particulièrement retenu les neuf vues exposées sur les 36 que compte la fameuse série consacrée au mont Fuji par Hokusai. Editées entre 1831 et 1833, ces estampes  figurent ce volcan magnifique observé depuis différents lieux et suivant les saisons.

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Trente-six vues du Mont Fuji, Vent frais par matin clair, 1830-32, Impression polychrome (nishiki-e), Signature : Hokusai aratame Iitsu hitsu, © Thierry Ollivier / RMN

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Trente-six vues du Mont Fuji (Fugaku sanjûrokkei), Le Fuji bleu, Vers 1832-1835, Tirage monochrome bleu, Signature: Hokusai aratame Iitsu hitsu © Thierry Ollivier / RMN

Egalement présenté, le très célèbre « Sous la vague au large de Kanagawa » où l’on voit cette masse d’eau énorme qui occupe tout l’espace tandis que le volcan apparaît à l’horizon, minuscule spectateur d’un drame : des pêcheurs luttent contre les éléments et risquent de sombrer dans une mer déchaînée. La vague, dont la crête dentelée en une multitude de griffes menaçantes exprime la violence de l’instant, devient une espèce d’animal à l’appétit impitoyable.

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Trente-six vues du Mont Fuji, Sous la vague au large de Kanagawa (« la grande vague »), 1830-32, Impression polychrome (nishiki-e), Signature: Hokusai aratame Iitsu hitsu, © Thierry Ollivier / RMN

Autre exemple de la force crue de la nature avec cet orage sous le sommet du Fujisan dont le cône parfait ne semble nullement affecté par les turbulences météorologiques…

 

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Trente-six vues du Mont Fuji, Pluie d’orage sous le sommet, 1830-32, Impression polychrome (nishiki-e), Signature: Hokusai aratame Iitsu hitsu, © Thierry Ollivier / RMN

Le Japon, meurtri par plusieurs cataclysmes récents, demeure un grand pays où l’homme a dû apprendre à faire avec les forces de la nature et a développé l’art subtil de les représenter comme le prouvent les oeuvres de ces deux grands Japonais volcaniques : Hokusai et Hiroshige !…

(1) A noter que l’on peut visiter, par la même occasion, non seulement l’ensemble du musée Guimet dédié aux arts asiatiques avec notamment une section japonaise qui compte environ 11 000 oeuvres datant des IIIe-IIe millénaires av. notre ère, jusqu’à l’avènement de l’ère Meiji (1868) mais aussi l’exposition temporaire consacrée au thé, « Histoire d’une boisson millénaire », née en Chine et largement consommée au Japon.

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Chasseurs de Volcans

Nous avons le plaisir de vous faire part d’une éruption spectaculaire, née du projet longuement mûri dans les entrailles surchauffées de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.), et d’une passion collective : un nouvel édifice volcanique vient de surgir à la surface de nos rêves enflammés !

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© L.A.V.E. / Éditions Omniscience

 

Les quelques 600 « accros aux volcans » de L.A.V.E., tous volcanophiles, amateurs ou professionnels, ont régulièrement besoin de leur dose de « rouge », de « pétées », de parfum sulfureux et de tumultes telluriques. Pour cela, ils doivent, dès qu’ils le peuvent, « se précipiter » sur le terrain, « là où ça bouge », là où la Terre montre qu’elle est vivante et toujours turbulente malgré ses quelque 4,5 milliards d’années d’existence. Ils se font alors « Chasseurs de volcans » !…

L’un des grands plaisirs de ces insatiables arpenteurs de terrains volcaniques est de rapporter des moissons de souvenirs inédits gravés en eux et aussi des images rares qu’ils aiment à partager avec tous ceux qui en ont envie.

L’ouvrage « Chasseurs de volcans » est le résultat de cette quête un peu folle et de cette volonté de partage : il rassemble parmi les plus belles photos de volcans, les clichés les plus insolites et les plus forts qui, au-delà de l’image, racontent une histoire forcément extraordinaire.

 

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Une des pages de l’ouvrage « Chasseurs de Volcans » : le Kawah Ijen

© L.A.V.E. / Omniscience

Au total, près de 400 images invitent à la (re)découverte de 101 volcans remarquables sur les cinq continents parmi lesquels figurent aussi bien le Nyamuragira (photo de couverture) en Afrique, le Merapi en Asie, le Tavurvur en Océanie, l’Erebus en Antarctique que la Montagne Pelée et le Santa Maria en Amérique, le Capelinhos, l’Etna, l’Eyjafjalljökull et la Chaîne des Puys en Europe…

Chacun de ces volcans magnifiques est accompagné d’un texte qui ne se superpose jamais aux photos mais qui « prolonge la parole jaillie d’un imaginaire que les volcans nourrissent ».

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Dissimulée derrière un voile de nuages, la Montagne Pelée, ombrageuse et fière au bord de la mer des Caraïbes laisse planer la menace d’une colère prochaine. Nuées ardentes et lahars, jetés sur ses pentes, ont déjà semé la mort à ses pieds. Calmée pour un temps, elle insuffle à nouveau la vie aux habitants des villes vaillamment redressées sur les ruines calcinées. Des voiliers lézardent dans la rade de Saint-Pierre, des parfums épicés flottent dans l’air et les cannes frissonnent sous les alizés. (© L.A.V.E. / Omniscience / SD Chéreau pour la photo et S. Chéreau pour le texte)

« En fin du livre, les pages consacrées au volcanisme apportent, quant à elles, un très intéressant et nécessaire point de vue informatif ».

« Tous ces éléments font de ce livre un objet unique (…), une invitation au voyage, à vivre tranquillement chez soi ou bien, plus activement, sur le terrain, que ce soit pour les amateurs déjà conquis ou pour les néophytes tentés par l’aventure ».

* Les propos mis en italique et entre guillemets sont extraits de l’avant-propos de l’ouvrage « Chasseurs de Volcans » rédigé par Daniel Chéreau, président de L.A.V.E.

Références de l’ouvrage :

« Chasseurs de volcans », éditions Omniscience, format 25 x 25, 240 pages, 400 illustrations sur les 101 plus beaux volcans du monde, 29,90 €.

Code ISBN : 978-2-916097-42-8

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Japonais volcaniques à l’affiche dans la capitale… ou Hiroshige, l’art du voyage

Près de deux mois sans publication… Et pourtant toute une moisson d’événements plus volcaniques les uns que les autres dont l’un qui nous tient, Daniel et moi, tout particulièrement à coeur et dont nous dévoilerons la teneur dans très peu de temps.

Mais commençons par deux belles manifestations qui se tiennent actuellement à Paris et mettent à l’honneur deux Japonais du 18ème siècle ayant laissé à la postérité des oeuvres d’une sublime grâce dans lesquelles ils célèbrent le Fujisan, volcan sacré du pays du soleil levant.

La première se tient jusqu’au 17 mars 2013 place de la Madeleine, à la Pinacothèque 1, Utagawa Hiroshige (1797-1858) initie à l’art du voyage (1) en entraînant le spectateur sur deux trajets mythiques qui faisaient emprunter les deux routes reliant Edo à Kyoto.

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© Pinacothèque 1

Il y a la route côtière du sud dite Tōkaidō et la route du nord passant par la montagne dite Kisokaidō. En se posant dans chacun des villages de ces deux routes, une cinquantaine par trajet, les estampes très colorées(2) de Hiroshige donnent une représentation rêvée de ce Japon imaginaire et ancestral. Mais c’est aussi à un voyage intérieur que nous convie l’artiste.

Le mont Fuji figure sur certaines de ces estampes mais il n’en est pas nécessairement le sujet central comme c’est le cas sur celle reproduite ci-dessous où il apparaît discrètement à l’horizon sur la gauche, en partie dissimulé par les pins. Et c’est aussi cela qui stimule encore davantage l’imagination des volcanophiles que nous sommes : le volcan deviné, encore insaisissable dans ce « monde flottant » figé par le peintre dans son mouvement incessant.

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Utagawa Hiroshige, Voyageurs à cheval sur la route de Yoshiwara avec le mont Fuji sur la gauche / Série des Cinquante-trois étapes du Tōkaidō, 1833-1834, nishiki-e (estampe à partir d’une gravure colorée), dim. max. 23,9 x 35,8 cm.1833-1834,
© Museum Volkenkunde, Leiden

En d’autres occasions, le majestueux Géant de 3 776 mètres d’altitude sort carrément du cadre de l’estampe et se retrouve même un peu caché par le mont Ashitaka (1 504 m). Des grues se sont posées dans la rizière en contrebas et d’autres arrivent, annonçant l’automne.

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Utagawa Hiroshige, Mont Fuji au matin à Hara / Série des Cinquante-trois étapes du Tōkaidō, 1833-1834, nishiki-e (estampe à partir d’une gravure colorée), dim. max. 25,6 x 38,1 cm
© Museum Volkenkunde, Leiden

Dans la « Série des Cent vues célèbres d’Edo », la parfaite plastique du mont Fuji semble flotter, comme en apesanteur, au-dessus de la mer de nuages qui sépare deux mondes bien distincts : celui des dieux et celui des hommes.

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Utagawa Hiroshige, Vue plongeante sur la rue Suruga avec la boutique Echigoya / Série des Cent vues célèbres d’Edo, cycle du printemps, 1859, nishiki-e (estampe à partir d’une gravure colorée), dim. max. 36,2 x 23,9 cm
© Museum Volkenkunde, Leiden

Plusieurs estampes évoquent aussi les imitations du mont Fuji que l’on prit l’habitude de construire ici et là au Japon afin de permettre aux personnes âgées et aux femmes de gravir la montagne sacrée rendue beaucoup plus accessible grâce à cette illusion.

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Utagawa Hiroshige, Personnages près du nouveau mont Fuji – une imitation – érigé à Meguro en 1819 / Série des Cent vues célèbres d’Edo, cycle du printemps, 1857, nishiki-e (estampe à partir d’une gravure colorée), dim. max. 36 x 24,7 cm
© Museum Volkenkunde, Leiden

Autant dire que cette exposition parisienne donne l’occasion de s’offrir, à bon compte, un voyage dans le temps et dans l’espace : le Japon au 18ème siècle avec de superbes échappées sur le vénéré Fuji San sous lequel la pression du magma, particulièrement élevée ces temps-ci, ferait craindre un éventuel réveil toujours possible. La dernière éruption date seulement de 1707…

En restant toujours sur la rive droite de la Seine, on peut continuer ce voyage magnifique en passant de la place de la Madeleine à celle d’Iéna pour aller à la rencontre d’Hokusai, un autre grand maître de la peinture japonaise.

A suivre dans la prochaine note…

(1) L’exposition « Van Gogh, rêves de Japon » est présentée simultanément à la Pinacothèque 2 (Billet couplé).

(2) « Hiroshige est l’un des derniers maîtres dans la tradition de l’ukiyo-e. Il a porté ce genre, le plus remarquable de la prospère période d’Edo, jusqu’à un niveau inégalé. L’ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant » désigne le style d’estampes très coloré propre à l’époque d’Edo. Il est question d’y représenter la nature aux quatre saisons, le passage du temps, mais aussi la vie de la cité dans l’excès des sensations qu’elle offre aux corps ». (extrait de l’article de présentation sur le site de la Pinacothèque)

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Naissance d’une île sur Arte

Pour reprendre  le travail, en rêvant encore et toujours aux volcans, voici un film qui date de 2010, rediffusé (1) ce soir sur Arte, qui nous raconte la naissance d’une île.

Nous avons déjà parlé sur ce blog du réalisateur, Bertrand Loyer, pour deux autres magnifiques documentaires : « Saumons du Lac Surprise » au coeur du volcan Aniakchak en Alaska et « Les Vagabonds des cendres » sur le Tavurvur en Nouvelle-Bretagne.

Ici, c’est dans l’archipel des Tonga que l’on part à la rencontre de la sterne fuligineuse et de la crevette d’Alvin.

L’apparition d’une île engendrée par l’éruption d’un volcan sous-marin donne l’occasion d’observer les destins croisés d’un oiseau et d’un crustacé aux comportements insolites.

On peut aussi rappeler que les trois-quarts des laves sont émises au fond des océans et échappent la plupart du temps au regard des humains. En complément au documentaire de B. Loyer, on peut également revoir « une éruption sous-marine filmée en direct » en cliquant ici.

Et pour revenir sur terre, très bientôt sur ce blog des images de volcans écossais et espagnols

(1) Diffusion de ce documentaire sur Arte : jeudi 30 août 2012 à 23h50, samedi 1er septembre à 11h35 et dimanche 16 septembre à 14h40.

Extraits disponibles sur le site d’Arte.

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Volcanisme anglais

Avant d’arriver en Écosse, passage par l’Angleterre, à peine remise des festivités autour du jubliée de sa Gracieuse Majesté Elisabeth II et déjà sur les blocs de départ pour la célébration des Jeux Olympiques qui commenceront prochainement. Sait-on d’ailleurs où est actuellement la flamme ?…

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 A propos de feu, nous voilà donc partis, en ce début juillet qui ressemble plutôt à une fin d’automne pluvieuse, à la recherche des traces de volcans dans ce pays dont nous apprécions toutes les excentricités so british.

Quittant enfin l’autoroute aux abords des Monts Cheviots, qui, au passage, sont de très anciens volcans, nous nous heurtons à… un mur !

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© SD Chéreau (juillet 2012)

Pas de comparaison déplacée avec la Grande Muraille de Chine, même s’il y a un peu de ça dans le concept, voilà enfin le mur d’Hadrien qui fait partie de nos fantasmes archéo-historiques personnels. Nous passons toute une journée, très souvent sous la pluie, à arpenter les champs qu’il traverse, épousant avec beaucoup d’à propos la morphologie du terrain.

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© SD Chéreau (juillet 2012)

Nous ne résistons pas au plaisir de partager ici quelques images de cette fortification en pierre et tourbe édifiée par les Romains à partir de 122 après J.-C. sur toute la largeur de l’Angleterre (relativement étroite à cet endroit : 117 km) pour protéger le sud de l’île des attaques des tribus calédoniennes. Un autre mur, celui d’Antonin, fut construit une vingtaine d’années plus tard, entre le Firth of Forth et la Clyde. La zizanie entre Anglais et Ecossais ne date pas d’hier…

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© SD Chéreau (juillet 2012)

A noter qu’aujourd’hui, la frontière entre les deux pays se situe légèrement plus au nord du mur d’Hadrien et qu’elle est matérialisée par des bornes en pierre.

Les vestiges imposants du mur d’Hadrien ont été inscrits en 1987 par l’UNESCO au patrimoine historique mondial.

Mais mettons ici de côté notre lyrisme face à ce mur pour revenir à ce qui nous intéresse plus particulièrement sur ce blog : les volcans. En avons-nous trouvé des traces en ces lieux ?

La carrière de Cawfields où a été exploitée la « Whinstone », nom local de la dolérite, roche noire et dure à grain fin, utilisée autrefois pour le revêtement des routes. La Whin Sill s’est formée quand le magma est monté des profondeurs il y a environ 295 millions d’années sans réussir à atteindre la surface mais s’est insinué entre les couches des roches existantes, un peu comme de la confiture entre deux tranches de pain…

En se refroidissant et en cristallisant, le magma a modifié les roches environnantes : on peut ainsi voir une grande masse de gré et de schistes altérés à l’extrémité nord de la carrière. Par ailleurs, se sont formées de belles prismations.

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© Photos de SD Chéreau (juillet 2012)

L’activité d’extraction a détruit la portion du mur qui se trouvait là mais une petite section subsiste au sommet de la falaise.

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© SD Chéreau (juillet 2012)

Notre périple en Calédonie va pouvoir commencer avec de belles surprises volcaniques semés sur notre trajet…

A suivre donc !…

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