03 février 2010
T'as de beaux cratères, ma Terre, tu sais !...
Si l'on demande d'associer au mot cratère un seul autre mot, il y a fort à parier que ce soit volcan ou volcanisme qui vienne spontanément à l'esprit de la plupart d'entre nous...
Or, en lisant très récemment la carte de voeux que nous a envoyée François, un copain lorrain, amateur de géographie, de volcans et de beaux mots, nous avons été particulièrement sensibles au clin d’œil qu’il a fait dans son texte à la polysémie du mot cratère. Cela nous a aussitôt lancés, Daniel et moi, dans une fantastique cavalcade sur les sonorités rocailleuses de ce mot dont les consonnances à la fois telluriques et enflammées coiffent naturellement la plupart des volcans.

Le dictionnaire Robert donne comme sens premier du mot cratère (1) cette définition inattendue pour des mesureurs de monde à l'aune des volcans : "1° Antiq. Vase à deux anses, en forme de coupe, dans lequel on mêlait le vin et l’eau". Point d'allusion volcanique ici !...
En effet, le vin produit dans l'Antiquité était une redoutable boisson épaisse, au degré alcoolique probablement plus élevé que le vin actuel. On devait donc le mélanger avec de l'eau et on y ajoutait volontiers du miel, de la cannelle ou du thym. Pline l'Ancien, qui mourut lors de l'éruption du Vésuve en 79 et dont le neveu, Pline le Jeune (2) est l'auteur du premier témoignage d’une éruption volcanique, étudie dans les moindres détails le sujet de la vigne et du vin dans le livre XIV de son Histoire naturelle allant jusqu'à énumérer les plus célèbres ivrognes de la Grèce et de Rome dans le chapitre consacré à l'ivresse (3) !... Cette digression n'est faite ici que pour rattacher, comme on peut, le vase au vin et le vin à la volcanologie naissante.

On pourrait donc penser que l'on est bien loin des précipices fumant, lucarnes sur les flammes de l'Enfer ou sur le sang de la Terre, selon les habituelles métaphores... Pas tant que cela, en fait, et c'est là que l'histoire des mots est souvent très amusante. Le mot grec qui signifie "mélanger" se dit κεράννυμι ou kerannumi et aurait donné krater d'où le nom du vase à l'emploi bien spécifique. Aristote, sans doute sensible à l'analogie des formes, aurait alors eu le premier l'idée d'employer ce mot pour désigner la dépression vaguement circulaire qui se trouve fréquemment au sommet des volcans.
C'est ainsi qu'apparaît le deuxième sens du mot cratère ainsi formulé par le dictionnaire Robert : "2° Mod. (1570). Par anal. Dépression située en général à la partie supérieure d'un volcan, et par laquelle s'échappent des matières en fusion (fumerolles, laves, cendres, blocs et bombes volcaniques)."

Les cratères volcaniques se forment au cours d'une éruption de différentes façons. Les explosions qui propulsent les matériaux volcaniques peuvent arracher des parties plus ou moins importantes des parois du volcan autour de la cheminée volcanique créant ou agrandissant un cratère dit d'explosion. Une vidange importante de la chambre magmatique peut provoquer un affaissement du volcan engendrant un cratère d'effondrement voire, si l'éruption est d'une très grande intensité, une caldeira.

Un cratère est dit sommital quand il se trouve au sommet de l'édifice, adventif ou secondaire quand il est sur ses flancs. L'Etna possède ainsi quatre cratères sommitaux - Voragine, Bocca Nuova, Cratère Nord-Est et Cratère Sud-Est - et de nombreux cratères adventifs.



Et pour parodier la chanson de Charles Trenet, on pourrait se demander :
Dans un cratère,
Qu’y a-t-il à l’intérieur d’un cratère ?
Qu’est-ce qu’on y voit ?
Et bien, on peut y voir bien des choses ! A commencer par un lac dont la couleur peut aller du traditionnel bleu au plus surprenant rouge, vert, noir, marron,...





Parfois, le cratère ne contient rien de particulier si ce n'est un tapis herbeux ou des roches volcaniques accumulées par le temps...


Mais, quelquefois, il déborde d'une matière pâteuse qui semble le colmater définitivement comme ce fut le cas sur le volcan Oldoinyo Lengaï en Tanzanie jusqu'à ce qu'une série d'explosions en 2007-2008 ne le creuse à nouveau...
... ou bien c'est un dôme ou une aiguille de lave qui pousse en son coeur.

Mais sans doute le plus rare et le plus extraordinaire, c'est lorsque le cratère contient un lac de lave en fusion.





Il existe d'autres types de cratères qui ne sont pas liés au volcanisme comme les cratères d'impact formés par la chute de météorites. La surface de la Lune en est, par exemple, criblée...

La surface de la Terre garde aussi des traces de ces phénomènales collisions (4) mais elles sont plus difficiles à repérer à cause notamment de l'érosion ou de la végétation. Ces cratères ont d'ailleurs été longtemps considérés comme d'origine volcanique. L'un des plus célèbres cratères d'impact sur Terre est sans doute le Meteor Crater ou Cratère Barringer (5) dans l'état de l'Arizona aux Etats-Unis. Son diamètre mesure entre 1 200 et 1 400 mètres et sa profondeur est de 190 mètres. Il se serait formé il y a 50 000 ans environ à la suite de la chute d'une météorite d'environ 45 mètres de diamètre et d'une masse de 300 000 tonnes, composée de fer et de nickel (6).

La nature, avec les météorites, n'est malheureusement pas la seule à pouvoir creuser de vastes cuvettes sur la Terre. Les hommes s'en chargent aussi comme le laissent voir, dans l'est de la Somme en France, les émouvants paysages de la "Grande Guerre", couturés de tranchées et percés de trous d'obus et de mines...


Dérivant du mot "cratère", on trouve l'adjectif cratériforme qui signifie "en forme de cratère ou de coupe" et le nom une craterelle qui désigne un champigon comestible en forme d'entonnoir (Basidiomycètes), communément nommé Trompette de la mort (ou des morts).

Le troisième sens du mot cratère, toujours donné par le dictionnaire Robert, appartient à l'univers du travail du verre : "3° Techn. Ouverture pratiquée à la partie supérieure d'un fourneau de verrier".

L'image du volcan n'est finalement pas si loin puisque s'associe à une ouverture circulaire la réalité de la matière en fusion .
Pour achever ce voyage lexical et volcanique, faisons un détour par quelques autres langues parlées sur notre planète pour observer comment se traduit le mot cratère. Dans la plupart des cas, il est toujours très reconnaissable et conserve ses sonorités rugueuses : crater en anglais, krater en allemand, en néerlandais, en suédois ou en danois, cráter en espagnol, kraaterista en finnois, Кратер en russe, クレーター (kurētā) en japonais, krátere en hongrois, cratere en italien, cratera en portugais. Mais les Indonésiens disent kawah et les Islandais se distinguent avec un gígur pas évident à prononcer, malgré les apparences, pour un gosier francophone.
Finalement, à chacun son cratère, réel ou imaginaire, mais, de toute façon, entrée certaine vers un passionnant voyage au centre de notre Terre !...
(1) Patriiiiiiiiick, le désormais célébrissime Titano-Jurassien sur ce blog dont le nom terrien est Patrick MARCEL, a commencé un travail fort intéressant sur les mots du volcanisme. Il a déjà défini en mots et en images, des termes tels que geyser, lave, obsidienne, solfatare, scorie. Il n’a bien sûr pas oublié le mot cratère. C’est donc à partir de ses recherches et des nôtres que nous avons rédigé le présent article…
(2) Ce témoignage est contenu dans les deux lettres qu'écrivit Pline le Jeune à son ami Tacite, historien romain, et dans lesquelles il décrit l’éruption du Vésuve en 79 qui détruisit les cités de Pompéi, d’Herculanum, Oplontis, Stabies,... et au cours de laquelle son oncle, Pline l'Ancien perdit la vie.
(3) On trouve sur le site de Philippe Remacle consacré notamment à l'antiquité grecque et latine la traduction en français de l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien, en collaboration avec Agnès Vinas. Pour accéder au livre XIV, traitant du vin et de la vigne, cliquer ici.
(4) Liste des cratères d'impact sur Terre sur Wikipédia en cliquant ici.
(5) Meteor Crater ou Cratère Barringer, en souvenir de l'ingénieur des mines Barringer qui acheta le site en 1903.
(6) Source Wikipédia, article "Meteor Crater".
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22 janvier 2010
Montserrat, volcan Soufrière Hills et musique
La coulée pyroclastique qui s'est engouffrée, le 8 janvier, dans le lit de la rivière Belhman est la plus longue de toute l'histoire de l'éruption du volcan Soufrière Hills (1). Elle est due à l'effondrement d'un gros panache de cendre (ash cloud surge). Son importance est comparable à celle de l'été 1997. La photo ci-dessous prise par un des membres du M.V.O. montre l'avancée de cette avalanche qui s'est finalement arrêtée 500 mètres plus loin, dans la partie basse de la vallée.


Ces impressionnantes avalanches pyroclastiques sont arrivées à quelques centaines de mètres de Air Studios qui fut fondé en 1979 par George Martin, l'ancien producteur des Beatles. De nombreux musiciens mondialement connus comme Paul McCartney, Dire Straits, Stevie Wonder, The Police, The Rolling Stones, Elton John, Ultravox, Eric Clapton, Lou Reed et d'autres vinrent enregistrer là, dans un environnement tropical de rêve, alors paisible et tranquille...
C'est dans ce studio que le groupe Police enregistra, par exemple, en 1981 son quatrième album "Ghost in the machine".

Entre-temps, le volcan s'est réveillé en juillet 1995, chassant les habitants dont la plupart ont dû choisir l'exil.

Comme le rappelle le tee-shirt ci-dessus, un concert exceptionnel fut donné le 15 septembre 1997 au Royal Albert Hall à Londres pour aider à la reconstruction de l'île dévastée. C'est à nouveau George Martin qui réunit chanteurs et musiciens.
Si le sud de l'île n'est plus habitable à cause des risques engendrés par l'activité du volcan, le nord offre aux habitants l'espoir d'un nouveau départ. Des projets existent. Quand nous sommes allés à Montserrat en octobre 2006, nous avons visité la région de Little Bay et de Saint John's au nord où l'on tente de reconstruire une New Plymouth. Un centre culturel a été bâti avec les fonds recueillis par George Martin et son épouse.

Aux dernières nouvelles, le M.V.O. indique que le niveau d'alerte est toujours maintenu à 4 sur une échelle de 5. Le 18 janvier, des coulées pyroclastiques, provoquées par un effondrement partiel du dôme, côté ouest, ont atteint la mer par Aymers Ghaut. L'événement spectaculaire, qui a commencé à 8 heures du matin, a duré environ quarante minutes. Les coulées sont descendues par Gages Valley, puis Spring Ghaut avant de finir leur course dans Aymers Ghaut (en arrière de Saint-George's Hill). Un panache de cendre, de 3 km de hauteur, riche en vapeur a été observé au niveau du point d'entrée de l'avalanche dans la mer près du village de Kinsale. C'est apparemment la première fois que des coulées pyroclastiques provoquées par l'effondrement du dôme atteignent la mer à cet endroit. A la suite de cet événement, on a pu voir de la fumée venant de maisons en feu dans le village de Kinsale.
(1) Pour se reporter au sommaire de la série de notes publiées au sujet du Volcan Soufrière Hills sur ce blog , cliquer sur l'image ci-dessous...
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12 janvier 2010
Équateur : ça chauffe !...
Pour faire suite à notre note Chaud devant ! publiée récemment, Mathieu vient de nous avertir que ça chauffait aussi en Equateur, pays d'Amérique du Sud dont nous avions également parlé il y a peu à propos de la découverte de nouveaux volcans.

Ce pays traversé par la fameuse Allée des Volcans possède quelques-uns des volcans les plus actifs de la planète. Or, plusieurs d'entre eux sont actuellement en éruption ou sur le point d'y entrer. Le site du ministère des Affaires étrangères met en garde les touristes français qui se rendraient prochainement en Equateur.
Le volcan Tungurahua situé à 140 km au sud de la capitale Quito, à proximité de la ville touristique de Banos, est considéré, d'une manière générale, comme dangereux. "Des coulées de boue d’origine volcanique ont été signalées, selon le Ministère, le 11 janvier 2010 sur les flancs du volcan Tungurahua (...). L’activité de ce volcan augmente de façon notable depuis le 31 décembre 2009. Il est donc formellement déconseillé de se rendre dans la ville de Banos et d’entreprendre l’ascension du volcan Tungurahua". Le rapport de l'IGEPN (1) du 11 janvier indique que l'activité se caractérise par l'expulsion de matériel incandescent sous forme de blocs de roche et de fontaines de lave, par l'émission constante de colonnes de vapeur et de gaz contenant une quantité de modérée à faible de cendre et par des grondements constants d'intensité variable dont certains ont été entendus depuis la ville d'Ambato. Quelques retombées de cendre sur les villages environnants, situés à l'ouest et au sud-ouest du volcan ont également été signalés.


Au nord-est de Quito, le volcan Reventador est en éruption et "il est donc formellement déconseillé d’entreprendre l’ascension de ce volcan", rappelle le Quai d'Orsay. Le rapport journalier de l'IGEPN daté du 11 janvier est plus modéré : il indique que, jusqu'à présent, des coulées de boue ont lieu à l'intérieur de la caldeira et n'ont pas engendré de problèmes particuliers mais une forte nébulosité ne permettait pas jusqu'ici des observations plus précises.

Le volcan Cotopaxi, situé à 60 km au sud de Quito, dont l'activité est signalée en "légère hausse" sur le site de l'IGEPN (1) inquiète également le Ministère. Il est vrai que le risque majeur concernant ce volcan est la fonte de sa calotte sommitale faite de neige et de glace sous l'action de la remontée du magma. Le mélange des roches, cendre, ponce scories et de l'eau provoque un des phénomènes liés à l'activité volcanique parmi les plus dangereux : les lahars ou coulées de boue qui dévalent à grande vitesse les pentes et engloutissent tout sur leur passage. Une carte des risques du Cotopaxi (format PDF) est accessible ici.

L'activité volcanique en Équateur, en ce début 2010, doit donc être suivie de près comme celle dans plusieurs autres régions du monde...
(1) IGEPN : Instituto Geofisico - Escuela politecnica Nacional. Sur ce site très intéressant, on trouve à la fois des informations sur les volcans d'Équateur, leur géologie, leur histoire mais aussi les rapports journaliers d'activité, des cartes de risques et des galeries de photos classées par année.
12:17 Publié dans Eruption, Nature, Quand la terre se fâche..., Volcan | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : volcan, volcans
08 janvier 2010
Volcan mis au parfum !
Dans la rubrique "Les volcans font de la pub", après une "réclame" pour un eau gazeuse et une autre pour une eau plate ou bien encore pour des pneus, en voilà une consacrée au parfum. Sans doute parce que parler de fragrances et de senteurs est plus stimulant, les créateurs de publicité pour les parfums semblent souvent très inspirés et produisent des oeuvres visuellement très riches.
C'est ainsi que notre attention a été attirée récemment par une publicité télévisée pour le parfum pour homme de Christian Dior Fahrenheit Absolute, créé par François Demachy, le Parfumeur-Créateur de Dior.
En lisant les articles qui sont consacrés dans les magazines de mode à ce précieux jus, on peut déjà le sentir et l'apprécier (ou pas) - il suffit de fermer les yeux - tant les mots choisis sont évocateurs et porteurs de rêve.

Voici quelques extraits de cette prose enflammée mise à son service : "Le nouveau parfum Fahrenheit de Dior révèle un homme proche de ses instincts, à la séduction audacieuse, flamboyante. Cette intensité et cette ardeur sont matérialisées par des notes florales et boisées : la myrrhe en note de tête, en cœur de l'encens ténébreux et fumé, "une matière au parfum chaud et quasi animal" (1). "Un homme part pour une aventure aux confins du monde sur des terres incandescentes, marchant sur du magma en fusion" (2). L'enthousiasme est d'ailleurs tel, que l'on n'hésite pas à user d'un pléonasme : le magma étant déjà de la roche en fusion alors du magma en fusion, c'est... encore plus brûlant !
Même son flacon qui "passe du rouge à des tonalités sombres, comme brûlées" (1) n'échappe pas au lyrisme des commentateurs...
Quel "visuel" pouvait donc parfaitement accompagner un tel produit et exprimer son intensité ignée ?...
La réponse est évidente, n'est-ce pas ?... Un volcan en éruption qui vomit une lave fluide dont les coulées atteignent l'océan. Le contraste entre le rouge et le noir, embrumés de vapeur, crée une impression d'irréalité odoriférante et ardente.
Et si l'on regarde attentivement le film publicitaire (pour y accéder, cliquer sur l'image ci-dessus), on reconnaît Hawaï.
Gabriel Fahrenheit, physicien allemand (1686-1736), a donc non seulement donné son nom à une échelle de température - d'où le fameux degré Fahrenheit qui oblige à de savants calculs pour le transformer en notre bon Celsius - mais aussi à un incandescent parfum pour homme.
Il reste bien, pour moi, quelques points obscurs mais néanmoins brûlants... : "Fahrenheit Absolute" renvoie-t-il à la notion de zéro absolu soit - 273,15°C, c'est-à-dire à la température la plus basse qui puisse exister dans l'univers mais qui semble être surtout une vue de l'esprit ?... On est loin, dans ce cas, des températures de la matière en fusion qui peut atteindre 1200°C pour des laves comme celles d'Hawaï... Si un physicien passe par là, peut-être aura-t-il la gentillesse d'éclairer ma lanterne.
Sinon, ce parfum fait-il désormais partie du paquetage de tout volcanologue ou volcanophile mâle qui se respecte ?... Et Daniel ?... Chut... c'est secret, lui dites pas que j'vous l'ai (pas) dit (3)...

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06 janvier 2010
Chaud devant !...
Ça chauffe, en ce début d'année 2010, dans le monde des volcans ! Le Mayon aux Philippines, le Galeras en Colombie, le Piton de la Fournaise à La Réunion, le Nyamulagira en République Démocratique du Congo, le Poas et le Turrialba, au Costa Rica.
Le Piton de la Fournaise, quant à lui, est entré en éruption le 2 janvier à 14h30 heure locale (GMT+4). La fissure éruptive est située dans la falaise limitant les cratères sommitaux Bory et Dolomieu. Des fontaines de lave de quelques dizaines de mètres de hauteur ont pu être observées ainsi que des coulées de lave à l’intérieur du cratère Dolomieu. D’importants éboulements et des effondrements des falaises internes du cratère Bory ont aussi été constatés. Ces effondrements alimentent en cendres un panache de gaz éruptif qui s’élève au dessus des cratères sommitaux du Piton de la Fournaise (source O.V.P.F.(3)).




13:45 Publié dans Eruption, Nature, Quand la terre se fâche..., Tour du monde, Volcan | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : volcan, volcans
01 janvier 2010
Bonne Année 2010

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28 décembre 2009
Ascension aux cimes de l'Etna
Les récits de voyages sont une source inépuisable de plaisir et d’informations qu’il s’agisse de ceux qui sont faits par des voyageurs d’aujourd’hui ou par ceux du temps jadis. Nous nous délectons de ces descriptions qui, passées par le filtre de la subjectivité, perdent peut-être en valeur purement scientifique mais gagne, ô combien, en poésie et en force de suggestion.
Les voyageurs actuels ont un style souvent plus sobre mais aussi moins pittoresque que celui de leurs fiers prédécesseurs sur les chemins de l’aventure. Plus on recule dans le temps et plus les textes s’étoffent en adjectifs et adverbes qui affolent l’imagination. Et cela devient souvent pur nectar pour le lecteur confortablement installé dans son fauteuil pour un voyage plein de surprises et d’effroi..

Il en va ainsi pour un récit que nous venons de découvrir, grâce à notre ami Mathieu qui nous en a signalé l’existence sur Google livres. Le titre de ce récit est déjà fort évocateur : Ascensions aux cimes de l’Etna et du Mont-Blanc. Son auteur, le comte Henri de Tilly, Vendéen et Ancien Officier de Dragons, grimpa effectivement au sommet de ces deux « montagnes » en 1834, respectivement en mai et en octobre et entreprit, par la suite, d’en faire le récit. Nous évoquerons ici exclusivement son ascension de l’Etna mais celle du Mont-Blanc ne manque pas d'intérêt pour autant… Comparant d'ailleurs l’Etna et le Mont-Blanc, il écrit à son ami : « On ne peut nier que chacun n’offre également au voyageur de magnifiques, de terribles spectacles : cependant, je crois que, sous le rapport des horreurs, l’Etna mériterait la palme »

C'est donc le 23 mai 1834 que M. de Tilly quitte Catane pour le sommet de l'Etna. Auparavant, il a décrit la ville de Catane « au-dessous du Monte-Gibello comme sous la puissance d’un mauvais génie ; pays de désirs effrénés ; de passions ardentes comme le climat ; où tout est construit en lave, pavé en lave, orné en lave ; où le sol brûle les pieds ; où l’on respire un air volcanique qui oppresse »...

De nos jours, si pour aller en voiture de Catane à Nicolosi, première étape sur les flancs de l'Etna, il faut compter une quarantaine de minutes - tout dépendant d'où l'on part dans Catane et des embouteillages -, c’est trois heures qu'il faut au comte qui, lui, se déplace à pied : « De Catane à Nicolosi, on chemine tristement pendant trois heures entre deux murs de lave qui bordent la route tracée au milieu de ces plaines également couvertes de laves, parmi lesquelles croissent quelques blés clairsemés, d’assez beaux oliviers et d’autres arbres fruitiers ».

A Nicolosi, « misérable cité volcanique, où tout porte l’empreinte de la désolation. On y marche sur la cendre ; on s’y abrite sous la lave », il rencontre justement le fameux Gemellaro : « Cet aimable savant me reçut avec la courtoisie et la franche cordialité d’un galant homme […]. Il me montra cette carte de l’Etna dont il est l’auteur, et sur laquelle sont tracées en couleurs diverses toutes les éruptions connues, ainsi que les différentes régions qui divisent le cône […] 1° La région habitée qui finit à Nicolosi ; 2° la région du bois (del Bosco) ; 3° la région des neiges ; 4° enfin la région de la cendre ou du feu. »
Il faut ensuite 7 heures de marche pour aller de Nicolosi à la cime : le courageux randonneur quitte Nicolosi à 8h du soir et parvient au sommet de l’Etna à 4h du matin en ayant dormi une heure en cours de route.
Parvenu au sommet de l'Etna, Henri de Tilly « commença à gravir la pente escarpée et presque droite du cône de cendre au milieu duquel est placé le cratère ». Il assiste au lever du soleil et décrit la vue magnifique et vaste qui s’offre à lui.

Comme on peut s'en douter, la physionomie de l'Etna ne ressemble guère à celle d'aujourd'hui. De nombreuses éruptions ont bouleversé le paysage et l'ont évidemment transformé. Voici ce qu'en dit le narrateur enthousiaste : le cratère, quant à lui, vomissait « une immense colonne de fumée noire et jaunâtre, tellement épaisse qu’à peine permettait-elle de voir que les parois étaient minées, et que l’entonnoir, au lieu d’avoir la forme habituelle d’un cône renversé, avait celle d’un tronc de cône, en sorte qu’une pression inaccoutumée sur cette voûte de cendre que je foulais, aurait pu en déterminer l’éboulement. »

La description aux accents dramatiques montre les « tourbillons de fumée » , la lune « comme à demi cachée par un voile sanglant ». Tout cela n'altère en rien la détermination de M. de Tilly qui descend même dans le fond du cratère « par une échancrure » du côté nord. Au fond du cratère, plusieurs bouches s’ouvrent, à n'en pas douter, sur l'Enfer...

Sur le chemin du retour; il visite la « Vallée de Bove, production bizarre du volcan […] remplie de produits volcaniques ».

C'est vingt-sept heures après en être parti que le comte Henri de Tilly rentre à Catane, et ce, après avoir marché vingt-deux heures ! Un bel exploit, accompli sans préparation particulière, sans aucun matériel technique... et, au final, un témoignage que l'on peut lire, dans son intégralité, en suivant le lien suivant : Ascensions aux cimes de l'Etna et du Mont-Blanc.
On peut également lire le récit qu'Alexandre Dumas fait de son ascension de l'Etna en septembre 1835, soit un peu plus d'un an après, en se rendant sur le site de Dominique Decobecq.
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25 décembre 2009
De la neige sur les volcans...
... pour vous souhaiter un Joyeux Noël dans les langues des pays que nous avons visités cette année, celui dans lequel nous vivons en utilisant déjà au moins trois à lui tout seul.

Et pour réchauffer l'ambiance, une belle coulée de lave !

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19 décembre 2009
Dictionnaire des Volcans
On nous demande souvent de dire quels livres nous pourrions conseiller pour en savoir plus sur les volcans. Nous ne sommes guère embarrassés pour en citer un certain nombre, dans des registres différents, qui sont très intéressants.
Justement, voici un ouvrage qui vient de sortir (octobre 2009) et qui devrait répondre à l'attente des passionnés de volcans mais aussi de tous ceux qui, d'une manière plus générale, s'intéressent à la planète sur laquelle nous vivons et qui regorge de lieux incroyables !
Voici donc le Dictionnaire des Volcans de Jean-Claude Tanguy (1) et Dominique Decobecq (1)...

C'est un "dictionnaire" puisque l'on peut aller d'un volcan à un autre en se laissant guider par l'ordre alphabétique : du A des Açores au Y de Yellowstone, en passant par le F de Fuego et le S de Semiachik sans oublier le E de Etna ou celui de Erta Alé. Ça, c'est pour les systématiques qui ne veulent rien manquer. Quant aux picoreuses ou picoreurs, ils iront, au gré de leurs envies, du Merapi à l'Hekla ou de la Chaîne des Puys au Kelut !
De toute façon, pour les uns et les autres, des découvertes et des réponses à leurs interrogations : dans quel pays se situe le Galeras ? De quand date la dernière éruption du Fuji Yama ? Quelle est l'altitude du Nyiragongo ? Quelle est l'histoire géologique de la Soufrière de Saint-Vincent ou de Vulcano ? Qui a découvert l'Erebus ? Quelle est la nature des laves du Cerro Negro ?...
C'est donc un ouvrage de référence qu'on peut toujours avoir à portée de main (son format de poche le permet aisément) afin d'y retrouver un détail oublié ou de découvrir de nombreuses nouvelles informations dispensées par deux spécialistes qui savent de quoi ils parlent ! C'est un compagnon qui prend vite sa place et devient indispensable...
Non négligeable, ces articles, au style clair et au contenu très accessible, tiennent compte des résultats les plus récents des recherches volcaniques et sont illustrés de très belles photos. Sans oublier l'introduction qui est une mise au point éclairante ainsi que le glossaire qui donne la définition de nombreux termes ou sigles volcaniques : rhyolite, tephra, caldeira ou dyke, INGV, KVERT, VEI ou USGS...
Les quelque 1 500 volcans actifs durant les derniers 10 000 ans sont-ils représentés ici ? Non, car les auteurs l'expliquent aisément : "Établir un catalogue complet nécessiterait un très gros livre et ne serait pas chose facile" parce que, d'abord, "les 3/4 des laves sont émises au fond des océans [...] inaccessibles à l'observation directe" et qu'ensuite, la distinction entre volcan actif et volcan éteint est très vague : "la vie d'un volcan subaérien est entrecoupée de repos pouvant dépasser la dizaine de milliers d'années, parfois le million d'années"...
Ils ont donc retenu "plus de 200 volcans actifs, témoins de la dynamique interne de notre planète", certains très connus et d'autres beaucoup moins.
Daniel et moi avons le plaisir de connaître l'un des deux auteurs de ce dictionnaire : Dominique Decobecq, géologue-pétrographe et rédacteur en chef de la revue LAVE de L'Association Volcanologique Europénne. Nous évoquons aussi souvent dans nos notes, "Histoires de Volcans", le site de Dominique dont le lien figure en permanence sur la page d'accueil de ce blog.
Petite anecdote : nous l'avons rencontré, la première fois, lors d'une Assemblée Générale de L.A.V.E. qui se déroulait, cette fois-là, du côté de Colmar, en Alsace, région d'origine de Katia et Maurice Krafft. Lui et nous étions en retard et devions retrouver les autres participants sur le terrain volcanique du Kaisersthul, de l'autre côté du Rhin. Dans la voiture que nous avons partagée, nous avons évidemment parlé volcans et c'est lui qui nous a encouragés à écrire notre premier article pour la revue LAVE...
(1) Jean-Claude Tanguy et Dominique Decobecq sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont on peut facilement trouver les références sur les sites spécialisés (Amazon, Alapage, Fnac,...) ou, mieux encore, chez son libraire préféré !
(2) Dictionnaire des Volcans, éditions Jean-Paul Gisserot, format 12,5 x 19 cm, 256 pages, 10 €.
12:19 Publié dans Livres sur les volcans, Nature, Passion, Photos, Volcan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : volcan, volcans
18 décembre 2009
Éruption sous-marine sur le vif !...
Les trois-quarts des laves sont émises au fond des océans et échappent la plupart du temps au regard des humains.
Dans la revue LAVE (1) de juillet 2009, on pouvait lire dans la rubrique "Nouvelles" (1) que début mai, une expédition scientifique s'était rendue dans la région de Lau aux Tonga où une activité sous-marine avait été détectée lors de la précédente expédition du NOAA (2). Les éruptions sont issues de deux bouches du volcan West Mata, un cône volcanique sous-marin au nord-est de Lau Basin, localisé à 200 km au sud-ouest des îles Samoa. L'activité explosive, qui se manifeste par l'émission de pillow-lava (3) et de bulles incandecsentes de un mètre de diamètre, a lieu le long d'une faille de 5 mètres de long sur la bouche Hadès, à 1 208 m de profondeur. La seconde bouche Prométhée, localisée à 100 m de la précédente, a une activité explosive avec des fontaines de lave en continu.
Des images pour le moins spectaculaires de l'éruption de ce volcan sous-marin au fond de l'océan Pacifique ont été filmées par les chercheurs américains embarqués à bord du vaisseau scientifique Thomas Thompson le 5 mai 2009. C'est la première fois qu'une éruption sous-marine est filmée à une telle profondeur.

En cliquant sur le lien du site du NouvelObs.com (4), on peut voir une courte mais très impressionnante vidéo montrant la violence de cette éruption, malgré tout contenue par la très forte pression qui s'exerce à cette profondeur sous la mer.
Des échantillons ont pu être prélevés par le robot Jason. Le volcan West Mata produit de la boninite (5) qui est une lave très particulière, riche en magnésium et en silice, que l'on considère comme la plus chaude de la planète et qui n'a été trouvée que sur des volcans subaériens, vieux d'un million d'années.
Dans cet environnement très acide vivent, semble-t-il, des crevettes qui ont visiblement su s'adapter à ce milieu de vie plutôt extrême.
Les diverses observations faites par cette équipe de scientifiques vont sans doute permettre de mieux comprendre le fonctionnement de notre planète, notamment les mécanismes de renouvellement de la croûte terrestre.
(1) La revue LAVE est publiée par L'Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) qui compte environ 650 adhérents. On peut en savoir plus sur cette association de passionnés de volcans en cliquant sur le logo ci-contre... La rubrique "Nouvelles" est alimentée par Claude Grandpey qui collecte quotidiennement des informations sur les volcans.
(2) NOAA : National Oceanic and Atmospheric Administration
(3) Pillow lava : expression anglaise signifiant lave en oreiller. On parle plus volontiers, en français, de "lave en coussins".
(4) Pour en savoir encore plus sur cet événement volcanique, on peut lire l'article intégral "Une éruption sous-marine filmée en direct" publié sur le site du NouvelObs.com en partenariat avec Sciences et Avenir, en cliquant sur la photo ci-dessous...
16:24 Publié dans Eruption, Film, Nature, Quand la terre se fâche..., Volcan | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : volcan, volcans























