02 mars 2009
La Soufrière de Montserrat : un volcan des Antilles (Petites histoires entre volcans... (scorie 6.7)
Enfin la suite de notre récit de voyage sur l'île de Montserrat fin octobre-début novembre 2006... Pour (re)lire les épisodes précédents, vous trouverez le sommaire en cliquant ici.
Même si notre visite de cette île a été jusque là conforme à nos attentes, quelque chose nous manque : aller dans la ville de Plymouth. Certes, nous l’avons surplombée depuis St George’s Hill et même approchée en allant dans ses faubourgs mais nous n’y avons pas pénétré. L’interdiction d’aller dans la ville de Plymouth ne saurait être contournée. La directrice du M.V.O. nous l’a bien répété.
Toutefois, notre insistance aura raison des obstacles. Nous irons au centre de Plymouth.
Notre expédition prend l’allure de mission secrète : nous avançons à couvert, à nos risques et périls. Le niveau d’alerte est de 3 sur une échelle de 5. Après tout, un effondrement du dôme ou une avalanche de blocs est toujours possible…
Afin de ne pas être repérés, nous dissimulons notre véhicule dans un endroit discret. Nous devons impérativement être revenus dans deux heures. Nous empruntons une route qui devait être autrefois une avenue très fréquentée et nous nous glissons furtivement dans les rues de cette ville fantôme.
Chacun va à son rythme et, très vite, s’imprègne de l’étrange atmosphère qui serre la gorge.
Nous longeons le cimetière en bord de mer. Le haut des stèles émerge de la cendre. Nous lisons les noms de ceux qui reposent là.
En avançant, l’excitation laisse place à une très grande et très sincère émotion. Lorsque nous nous croisons parfois, les mots que nous échangeons le sont à voix murmurée comme si nous trouvions sacrilège de déranger les souvenirs de ceux qui ont vécu là et ont fui, abandonnant dans leur précipitation les objets de la vie quotidienne : casserole posée sur une gazinière, revues de 1996 abandonnées sur un meuble, jouet d’enfant ou lit défait.
Les magasins dans lesquels nous nous glissons en prenant garde de ne rien toucher sont toujours remplis de leur contenu : bouteilles de boissons gazeuses dans un bar, produits de beauté dans une parfumerie,…
Des blocs de pierre énormes obstruent les ouvertures de certaines maisons.
Des véhicules abandonnés gisent ça et là, rouillés, avec des morceaux de roches incrustées dans leur carrosserie comme des coquillages sur les rochers en bord de mer.
Les cendres des nuées et la boue des lahars, qui se sont déposées en vagues successives au fil des années, ne laissent à présent plus voir, dans le centre de la ville, que les étages supérieurs des bâtiments, ou le haut du clocher de l’église, souvent photographié.
Près de la mer, une station service enfouie sous les cendres exhibe encore quelques vestiges de son activité passée.
Montserrat ne se résume évidemment pas seulement à son volcan même si celui-ci a profondément bouleversé ses habitants et ses paysages. Nous avons aussi, et peut-être surtout, rencontré des femmes et des hommes accueillants et heureux de voir que des touristes viennent jusqu’à eux. La farouche volonté de reconstruire et faire revivre leur île est à la mesure de la force développée par la nature pour bousculer l’ordre établi. En tout cas, Montserrat est une petite île des Caraïbes qui ne saurait être oubliée et qui mérite les efforts que l’on doit fournir pour l’atteindre.
© SD Chéreau (octobre 2006)
17:12 Publié dans Nature, Petites histoires entre volcans (scories), Volcan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : volcan, volcans, carnets de voyage, carnet de voyage, photo, photos, voyage
















































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