08 novembre 2008

Les volcans font des plis...

Ca fait des faux plis (voix off)... Mais quelle est cette curieuse matière qui plisse si facilement ?...

Double-cliquez sur le carré noir pour avoir la réponse...





© Vidéo de S&D Chéreau (2008)


Ces plis appartiennent au lac de lave en fusion du volcan Eta Ale (Ethiopie)

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© Photos de S&D Chéreau (2008)

Pour en savoir plus sur ce volcan, on peut se reporter à l'album photos (colonne de droite sur la page d'accueil) et lire la note "Erta Ale, volcan en Ethiopie" qui lui sont consacrés sur ce blog.

03 novembre 2008

Désastre humanitaire en République Démocratique du Congo

Nous en parlions, il y a quelques semaines dans la note intitulée "R.D.C. : droits de l'Homme bafoués". La situation désastreuse a fini par attirer l'attention de la communauté internationale, en tout cas européenne.

"Comme une marée humaine, des milliers de civils ont pris le chemin de l’exode, au début de la semaine, en direction de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Emportant matelas, casseroles et tout ce qu’ils pouvaient sauver, réfugiés et soldats gouvernementaux démoralisés ont fui les combats entre la rébellion congolaise de Laurent Nkunda et l’armée de la RDC (FARDC) qui se sont affrontés dans la ville de Kibumba, à 35 km de Goma. Au total, entre 1,4 et 2 millions de civils ont déjà été déplacés au Nord-Kivu, soit plus du quart des 5 millions d’habitants que compte cette province frontalière du Rwanda." 1

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© Karel Prinsloo/AP/Sipa1


Les informations2 que l'on peut lire ou entendre ici et là sont souvent contradictoires, c'est-à-dire un peu à l'image de la complexité de la situation qui règne sur le terrain. Notre propos n'est pas d'en faire une analyse. Nous laissons cela aux experts en tout genre. Nous voulons simplement adresser nos sincères pensées à ces êtres humains qui souffrent dans une région d'Afrique de l'Est où la nature est extraordinairement belle. Nous avons passé quelques jours à Goma en août 2005. De là, nous avions grimpé au sommet du volcan Nyiragongo3 pour admirer son lac de lave en fusion. Nous étions ensuite allés à la rencontre des gorilles des montagnes3 dans les forêts des Virungas. Nous gardons de ce séjour dans ce pays extrême, où, comme nous étions seulement tous les deux, Daniel et moi, nous avions pu approcher, de façon plus intime, nature et hommes, des souvenirs très bouleversants.

Nous pensons à eux...


(1) Photo et légende tirées de la rubrique "Arrêt sur image" sur le site du Figaro.

(2) On peut lire aussi d'autres articles au sujet de la situation en R.D.C. dans la presse belge et française :
- rtbf.info
- Libération

(3) Nous publierons prochainement des notes à propos du volcans Nyiragongo et des gorilles des montagnes.

14 octobre 2008

République Démocratique du Congo : droits de l'Homme bafoués

Le Nord-Kivu est une province située au nord-est de la République démocratique du Congo dont la capitale est Goma. À l’est, elle est limitée par l’Ouganda et le Rwanda. En août 2005, nous avons passé quelques jours dans cette région pour découvrir le Nyiragongo,

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© S&D Chéreau (2005)

volcan actif dont le cratère est occupé par un lac de lave en fusion,
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© S&D Chéreau (2005)

et pour aller à la rencontre des gorilles des montagnes qui vivent dans la chaîne des Virungas.
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© S&D Chéreau (2005)


Moments d'émotion intense engendrés par la beauté à l'état brut de la nature mais aussi par la gentillesse et la curiosité pour l'autre des gens rencontrés là-bas... Des élections se préparaient alors avec beaucoup de difficultés, l'avenir était incertain mais il y avait beaucoup d'espérances...
De violents combats ont éclaté en 2007, autour de Goma, entre l'armée régulière et les troupes du général dissident Laurent Nkunda, à la fois dans le territoire du Masisi et celui de Rutshuru. Sans entrer dans la complexité de la situation politique qui règne dans cette région, nous constatons que, comme toujours, ce sont les populations civiles qui sont prises en otage de la folie meurtrière d'une partie de leurs semblables. A notre très humble niveau, nous voulons dénoncer ici ce crime contre l'humanité qui est en train d'être perpétré dans un silence assourdissant !...

Voici ce que l'on peut lire aujourd'hui dans une dépêche AFP du 29.09.08 | 13h37* : RDC : le recrutement forcé d'enfants soldats s'intensifie, selon Amnesty

Amnesty International dénonce l'intensification de l'enrôlement forcé des mineurs et la recrudescence des viols de femmes par les groupes armés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) dans un rapport publié lundi.

Pour deux enfants libérés du joug des groupes armés, cinq sont enlevés et forcés à devenir des enfants soldats dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, rapporte l'organisation de défense des droits de l'Homme, basée à Londres.

Près de la moitié des anciens enfants soldats ramenés à leur famille au Nord-Kivu ont depuis été à nouveau enrôlés par les groupes armés, affirme Amnesty.

"C'est précisément leur expérience passée avec les groupes armés qui fait de ces enfants des recrues valables et les expose encore plus", explique Andrew Philip, spécialiste de la RDC pour Amnesty.

"Plus ils en savent, plus ils encourent le risque d'être à nouveau recrutés. Dans ce cas, l'expérience peut tuer", explique-t-il. Les mineurs qui tentent de fuir sont tués ou torturés, parfois sous les yeux de leurs semblables, indique Amnesty.

Des milliers de femmes et filles sont violées et soumises à d'autres formes de violences sexuelles, s'indigne aussi l'organisation, selon qui des femmes sont enlevées pour être utilisées comme "esclaves sexuelles".

"La situation des droits de l'Homme dans le Nord-Kivu est déplorable", s'inquiète Andrew Philip. "Les groupes armés et les forces gouvernementales continuent à violer des femmes et des filles."

"Même des enfants et des femmes âgées figurent parmi les victimes. Certaines d'entre elles ont été victimes d'un viol collectif", ajoute-t-il. "Le plus tragique est que ces viols sont souvent commis en public, devant les autres membres de la famille, dont les enfants."

Des chiffres de l'ONU datant de décembre 2007, cités par Amnesty, font état d'environ 350 cas de viols rapportés par mois au Nord-Kivu.

L'enrôlement d'enfants soldats constitue une violation des actes d'engagement signés en janvier à Goma par tous les groupes armés congolais des Nord et Sud-Kivu.

Les affrontements entre l'armée congolaise et la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont repris le 28 août dans le Nord-Kivu, en violation de l'accord de paix de Goma.

* Dépêche AFP lue sur le site du journal "Le Monde" : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37144350@7-60,0.html
** d'après le titre du roman de Renée Guillaume Un silence assourdissant : Le Secret du fils autiste (Broché) (à noter que le sujet de ce roman n'a rien à voir avec celui de la note ci-dessus...)

19 septembre 2008

Erta Ale, volcan en Ethiopie

Partis le matin du petit village d’Ahmed Ela près du lac Karoum et non loin du Dallol, nous roulons dans le désert Danakil au nord de l’Afar en Ethiopie et à quelques kilomètres de la frontière avec l’Erythrée.

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Nous sommes dans la plaine du rift, à 120 mètres au-dessous du niveau de la mer et à presque 800 km de la capitale Addis Abeba, loin de tout. La chaleur augmente au fur et à mesure que le soleil grimpe dans le ciel : entre 35 et 40°C. Cela dit, nous sommes loin des températures beaucoup plus extrêmes qui étaient annoncées.
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Nous traversons un paysage finalement assez varié : dunes de sable clair dont il faut éviter les pièges tendus aux véhicules qui pourraient bien s’enliser, étendues plates et caillouteuses sur lesquelles nous sommes abondamment secoués, ballottés et même bringuebalés, maigres épineux ici et là, rares oasis ourlées de palmiers à moitié desséchés, mirages en forme de lacs sur lesquels flottent des îles noires qui nous échappent sans cesse et retournent à l’état de simples cailloux quand nous nous en approchons de trop près.

Lors des arrêts qui permettent de se dégourdir les jambes et d’examiner les environs, alors que rien ne semble pouvoir vivre dans ces régions hostiles, surgissent du fond du décor des enfants qui se précipitent vers nous en riant. C’est une constatation que le voyageur peut souvent faire dans les déserts, même les plus inhospitaliers comme celui-ci : là où l’on croit la vie impossible, s’épanouissent soudain des gestes et des sourires… D’abord, des points qui s’agitent tout là-bas puis des couleurs et des formes qui se précisent et nous voilà entourés d’êtres humains. Une autre fois, c’est un puits creusé dans le sable autour duquel s’affairent des enfants et des femmes dans l’envol chamarré des tissus qui les enveloppent.
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Nous apercevons au loin la silhouette caractéristique du volcan Catherine. De là où nous nous trouvons, nous voyons très nettement des fumerolles qui s’échappent de ses flancs. Au premier plan, tout près de nous, trois dromadaires broutent calmement un maigre arbuste. Ces animaux, qui sont en fait domestiqués, restent toujours aujourd’hui le principal moyen de transport des Afars, notamment pour celui du sel.
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Nous arrivons en fin d’après-midi au pied de l’Erta Ale (13°60’N - 40°67’E), volcan bouclier de 50 km de diamètre et qui culmine à l’altitude de 613 mètres. Son nom signifie la « Montagne qui fume ». Et c’est bien le cas !… Un panache de vapeur s’élève du sommet.
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L’obscurité s’épaississant, il se transforme en une lueur rougeâtre qui va nous servir de fanal dans la marche relativement aisée d’une dizaine de kilomètres. 3h30 plus tard, nous parvenons au bord de la caldeira de forme oblongue. Nous descendons aussitôt d’une vingtaine de mètres par un raidillon escarpé dans ce grand chaudron dont nous prendrons mieux la mesure en plein jour. Le sol est formé d’une lave ancienne et délitée qui peut se révéler dangereuse : elle se dérobe facilement sous le pied et la jambe, au risque de se briser, s’enfonce alors dans le vide d’anciens tunnels de lave. Il convient donc d’être particulièrement prudent. En cas d’accident, aucun secours rapide ne serait possible.

En dépit de notre envie d’arriver très vite au bord du pit cratère sud dans lequel bouillonne un lac de lave, nous avançons avec précaution dans une atmosphère embrumée. Nous craignons que ces gaz gênent le spectacle. L’intense rougeoiement qui nous guide et nous attire n’est peut-être que le reflet du feu sur un écran de vapeur. Nous atteignons le bord du cratère et découvrons le cœur palpitant du volcan, totalement dégagé, absolument offert à nos regards.
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Nous nous allongeons de façon à avoir le buste en surplomb du lac et, malgré l’intense rayonnement qui brûle le visage, nous allons contempler pendant une bonne partie de la nuit le flux et le reflux de la roche en fusion environ 80 mètres plus bas. Les gaz nous obligent à utiliser le masque que nous avions prévu. Sans cet aide précieux, notre observation serait beaucoup plus inconfortable. Les appareils photos et les caméras viennent à la rescousse pour nous aider à conserver ce fabuleux spectacle. Mais ce sont encore nos mémoires qui seront les meilleures gardiennes de nos sensations et de nos émotions.

Nous allons pouvoir observer le lac de lave du pit-cratère sud du 1er février vers 22h30 au 3 février vers 8h30. Pendant cette période, l’activité est très variée allant de mouvements faibles qui donnent au lac une apparence presque figée à un emballement tempétueux qui bouleverse alors la surface du lac. a2bfeabf90a39a8390da5087c26dd494.jpgDes paquets de lave sont violemment projetés ici et là, des fontaines apparaissent en plusieurs endroits ;e2e13eb91ad4b1c47d8ecad23f9d7796.jpg des plaques se déplacent plus ou moins rapidement puis plongent inexorablement vers le fond. Le ressac est puissant et bruyant sous les bords de la plate-forme pendant que, sous l’effet des convections internes de la lave, des effets de siphon au niveau des fontaines aspirent la croûte refroidie du lac. Durant ces regains d’activité, le rayonnement s’intensifie et nous oblige à nous écarter du bord pour nous rafraîchir.
Pendant les périodes de relative accalmie, le lac se découpe en quelques plaques de grandes dimensions aux jointures zébrées d’or et de feu qui semblent trouver leur origine sous la plate-forme côté sud pour dériver vers le nord et vers l’est. En arrivant près des parois, ces plaques se heurtent à des zones superficiellement refroidies et nous assistons alors à un mouvement de subduction en réduction. 1732307459.JPG Parfois, le flux de matière se plisse comme une tôle et s’encastre contre la paroi nord-ouest. Des îlots apparaissent puis sont rapidement engloutis, pris en tenaille entre deux plaques de matière plus solide. Mais à d’autres moments, le mouvement s’accélère et au sud, sud-ouest, une langue de lave est régulièrement projetée comme un seau d’eau vidé à la volée vers le centre tandis qu’au nord-ouest, la lave qui s’enfonce sous les bords est recrachée violemment dans une pulsation de pluies d’étoiles crépitantes qui rebondissent et roulent sur la surface sombre du lac. Plus rarement, à quelques mètres du bord sud, une fontaine de lave prend timidement naissance et peu à peu gagne en puissance. Elle se déplace vers l’est en découpant la peau noire du lac et, comme un siphon, emporte dans les profondeurs tout ce qui se trouve à sa portée. De longs cheveux de Pelé, indicateurs d’une lave très fluide, remontent en bouquets en suivant les courants d’air chaud ascendants et se déposent tout autour du cratère, remplissant les innombrables fissures de la caldeira.

1589757240.JPGPendant notre séjour, l’atmosphère est souvent saturée par les gaz qui proviennent, en grande partie, du cratère nord et qui sont rabattus jusqu’à nous par le vent. C’est de jour que nous irons visiter l’ensemble de la caldeira. 992899391.JPGNous marchons sur de la lave ancienne et magnifiquement cordée. Dans le cratère nord, plusieurs hornitos alignés dégagent par intermittence mais de façon intense des nuées de gaz épais et corrosifs. Les dépôts de soufre apportent un peu de couleur à ce paysage estompé.

Au cours de la 2ème nuit d’observation (du 2 au 3 février), alors que la faible activité du lac semblait nous autoriser à prendre à quelques mètres du gouffre un peu de repos, un débordement du lac s’est produit sur la terrasse inférieure entre 3h et 6h du matin. 569707667.JPGNous le comprenons vite en voyant, à notre réveil, l’état de la terrasse inférieure qui est recouverte par une lave fraîche et plissée encore marbrée d’incandescences .

Nous nous consolons en contemplant à nouveau, pour quelques heures encore, ce lac qui est aussi beau à voir de jour que de nuit. Nous redescendons vers la plaine, emportant avec nous des images de création du monde dont nous avons l’impression d’avoir été des témoins privilégiés. Nous passons après des femmes et des hommes dont certains nous ont donné par leurs récits et leur enthousiasme l’envie de suivre leurs traces dans la cendre des volcans…

* Le volcan Erta Ale est une des étapes d’un voyage réalisé en Ethiopie et à Djibouti du 26 janvier au 7 février 2008.

05 août 2008

Le Volcan Nyiragongo

Volcan Nyiragongo, notre album sur le volcan Nyiragongo a été enrichi de nouvelles photos que nous avons prises en 2005